30/03/2011

CONTRACEPTIF MASCULIN

Déjà à l’adolescence, Bambang Parjogo Eko Wardojo rêvait d’inventer un moyen d’endiguer l’explosion démographique mondiale. Sa détermination a porté ses fruits. A 54 ans, ce professeur de pharmacologie et de phytochimie de la faculté de pharmacie de l’université Airlangga, à Surabaya, est désormais l’inventeur légal de la pilule contraceptive à base de gendarusse. Sept ans après en avoir déposé le brevet. C’est pour lui l’aboutissement de toute une vie.

Le gendarusse est une plante qui pousse en buisson dans les plaines de basse altitude. Elle peut atteindre deux mètres de haut. Sa tige est noire ou verte et ses feuilles d’un mauve brillant, tirant sur le marron. En Indonésie, elle est couramment utilisée, de manière empirique, dans les campagnes pour soigner les migraines, les rhumatismes et les douleurs. Et aux Philippines le jus de ses feuilles est administré pour combattre la toux et l’asthme. Mais elle a d’autres vertus.

Le principe actif du gendarusse, la gendarusine, possède en effet la particularité d’inhiber la hyaluronidase, une enzyme sécrétée par les spermatozoïdes. Cette enzyme intervient à un moment très précis : lorsque le spermatozoïde entre en contact avec l’ovule. Cette substance produite par le gamète a pour fonction de dissoudre la paroi de l’ovule. “Si l’activité de cette enzyme est inhibée, le spermatozoïde ne peut pas pénétrer dans l’ovule”, explique Bambang. En neutralisant l’activité de la hyaluronidase, le gendarusse fait donc office de contraceptif masculin.

La pilule contraceptive en question, dont la production a été confiée au groupe pharmaceutique indonésien Indofarma, a été lancée le 14 décembre 2010 par l’Office de coordination nationale du planning familial. Mais on ne peut pas encore la trouver en pharmacie. Avant de la lancer sur le marché, Indofarma doit procéder à des tests cliniques sur 350 hommes volontaires.

Le gendarusse n’a pas été la première source d’inspiration de Bambang. Au début des années 1980, au cours de son premier cycle d’études de pharmacie, il a d’abord fait des recherches sur la margose (Momordica charantia, appelée aussi pomme de merveille ou melon amer). A cette époque, Bambang a réussi à prouver sur des animaux de laboratoire que la margose renfermait un principe actif qui réduisait temporairement la fertilité du sperme.

Il a fait part du résultat de ses recherches au congrès national de pharmacologie en 1983, à Semarang. Et ce n’est finalement que quatre ans plus tard qu’il a commencé à s’intéresser au gendarusse.

10:46 Écrit par bk212103 dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

29/03/2011

SEXUALITE en DANGER

 

De reportages télévisés en articles de presse, de «guides sexo» en sites web spécialisés, notre sexualité est
devenue un terrain de jeux sans règle contraignante. Festive, joyeuse et très
librement médiatisée, elle reflète une société affranchie de toute codification
du désir et du plaisir. Orgasme, masturbation, érection, éjaculation féminine
et pratiques sexuelles les plus audacieuses sont évoquées sans gêne par tous
les types de médias.

Ce déferlement nous apprend pourtant une chose essentielle, qu’on aurait tort de négliger: le sexe,
c’est grave, et on n’est pas là pour rigoler. Alors à celles et
ceux qui auraient encore la naïveté de croire qu’ils peuvent décider sans
l’aide d’un expert comment et quand ils doivent baiser, je dirais: grave
erreur.

Enjeu de pouvoir social et baromètre de notre bonne santé psychique, elle détermine notre place
dans la société, par rapport à une norme que seuls les experts sont à même
d’établir, pour notre plus grand bien. sex.JPGHors de cette norme, point de salut.

Alors libres de jouir dans une société affranchie? Jamais de la vie, c’est trop dangereux.
Notre sexualité, même si nous l’ignorons, est très souvent malade. Soyons
humbles, et soignons-nous.

On peut raisonnablement saluer l’évolution en marche depuis les années 1960: s’épanouir
sexuellement est devenue l’expression d’un droit, on a abandonné certains
tabous et interdits, le sexe sort du domaine réservé des professionnels de
santé. Résultat, la sexualité en tant que sujet de société trouve sa place dans les médias, et on
voit fleurir les premiers «sujets sexo»: sexologues, psychothérapeutes et
médecins envahissent les magazines, et apportent leur caution.


On découvre bientôt ce qui, dans notre propre sexualité, est normal ou ne l’est pas; on apprend ce
qui relève de la névrose, du besoin de réassurance narcissique, d’un
traumatisme lié à la relation au père ou d’un manque d’estime de soi. Voilà
pour le positif.

Quarante ans plus tard, le fonctionnement de notre sexualité s’inscrit dans une norme médiatique,
en dehors de laquelle nos agissements intimes ne relèvent ni de notre liberté
ni de nos inclinations personnelles mais bien de «troubles», de «manques» et de
pathologies.

 

07:37 Écrit par bk212103 dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

23/03/2011

PILLAGE AU JAPON

Si votre appartement avait été secoué par un séisme de magnitude 9, frappé par un tsunami et imprégné de particules radioactives provenant d’une centrale nucléaire, vous auriez le droit de péter les plombs. Pourtant, les sinistrés japonais sont d’un calme à toute épreuve. Ils font la queue devant les supermarchés. La vie est «particulièrement bien organisée», rapporte la chaîne PBS. «La discipline japonaise s’impose malgré le désastre», résume un chroniqueur du Philippine Star.

Chacun connaît les stéréotypes (qui se vérifient souvent) sur les Nippons: ils sont d’une honnêteté et d’une discipline extraordinaires. C’est une société «collective», qui fait primer le groupe sur l’individu! Evidemment qu’ils ne vont pas se mettre à voler dans les magasins après la catastrophe naturelle la plus dévastatrice de leur vie, contrairement à certains habitants de la Nouvelle-Orléans, en 2005, après l’ouragan Katrina, ou à des Haïtiens à la suite du séisme qui a frappé l’île en 2010. Bien qu’affamés, les Japonais s’astreignent à respecter les files d’attente qui grossissent devant les magasins d’alimentation.

Si les Japonais sont l’un des peuples les plus honnêtes, c’est peut-être parce que la structure juridique du pays récompense cette honnêteté plus qu’ailleurs. Dans une étude réalisée en 2003 sur la célèbre politique du gouvernement japonais visant à récupérer les objets perdus, Mark D. West explique que les taux élevés de récupération sont moins liés à l’altruisme qu’à la politique de la carotte et du bâton, qui encourage les gens à ramener les objets trouvés au lieu de les garder pour eux.

Par exemple, si vous tombez sur un parapluie égaré et que vous le rapportez à la police, vous percevrez 5 à 20% de sa valeur si son propriétaire vient le récupérer. Si personne ne se manifeste au bout de six mois, le parapluie sera à vous, si vous le souhaitez.

Dès le plus jeune âge, les Japonais apprennent à fonctionner avec ce système. Aussi, lorsqu’un enfant se rend pour la première fois au commissariat de son quartier pour rapporter une pièce de monnaie –pour donner un exemple–, c’est un véritable rite d’initiation pris très au sérieux par le gamin et les policiers.

En même temps, les mesures de la police face aux petits délits, comme les larcins, sont très strictes, un peu à l’image de la politique de la vitre brisée mise en place à New York dans les années 1990. Si vous ne rendez pas un portefeuille que vous avez trouvé, vous risquez, dans le meilleur des cas, de subir plusieurs heures d’interrogatoire, dans le pire, de passer 10 ans au trou.

 

10:41 Écrit par bk212103 dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

18/03/2011

CHIPS

Des plates-formes qu’arrive la matière première, les pommes de terre. La variété change selon la saison : l’été, elles proviennent directement des champs ; l’hiver, des entrepôts de stockage. Il y a la hermès, la saturna et, en ce moment même, la lady rosetta, ronde et à chair rose.

Suivons brièvement leur parcours. Lavées à la sortie des camions pour être débarrassées du sable ou de la terre qui pourraient adhérer à leur surface, elles sont ensuite convoyées par une bande transporteuse jusqu’à une machine à tambour, où elles sont dépouillées de leur peau. Elles passent alors sur une courroie de tri, où, sous des coiffes hygiéniques un peu ridicules mais obligatoires, des chips.JPGyeux humains expérimentés traquent des imperfections cachées. Puis elles sont débitées en lamelles de 1,3 mm d’épaisseur par des lames rotatives aussi tranchantes que des rasoirs.

On lave ensuite ces lamelles pour retirer ­l’excès d’amidon (sans quoi elles resteraient collées) et on les débarrasse de l’excès d’eau (catastrophique dans de l’huile bouillante). Et voilà, le moment de la friture est arrivé : trois brèves – mais, on l’imagine, intenses – minutes dans une cuve de 5 400 litres à 180 °C.

Les lamelles en sortent ondulées, dorées et, croyez-moi, très odorantes, après quoi un ingénieux dispositif de balayage numérique les soumet à un nouveau contrôle, éliminant celles qui ne sont pas absolument parfaites. Elles passent ensuite dans un grand tambour rotatif où elles sont assaisonnées, mais il est impossible de voir l’opération, car elle est top secret. Vient enfin le moment du pesage et de l’emballage (avec d’autres machines intelligentes) : en moins de vingt minutes, lady rosetta est devenue un paquet de chips.

En  1987, un homme d’affaires de l’Oregon, Cameron Earl, apporta dans ses bagages un concept connu sous le nom de Kettle Chip : épaisse, boursouflée, croquante, authentique et, naturellement, plus chère. C’était le produit de qualité supérieure que le monde jusque-là ordinaire des chips attendait, et une série de concurrentes locales, artisanales, frites manuellement et bio n’ont pas tardé à faire leur apparition : les Tyrrells, les Burts, les Pipers et les autres. Walkers s’y est mis lui aussi avec la gamme des Sensations.

 

10:09 Écrit par bk212103 dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

12/03/2011

FUTURS MARIES (sic)

Les futurs mariés peuvent désormais, à l’occasion de leur « cérémonie d’engagement », « maintenir au top le quotient émotion, sans passer par le registre religion ». C’est pas sympa ça ? Fini de se prendre la tête dans des « églises de quartier », dotées d’un « orgue tristounet » avec des curés qui croient en des trucs qui ne nous « correspondent pas ».

Les futurs mariés qui exigent, malgré leur « absence de foi », leur dose de « solennel », auront droit à leur quota de « symbolique ». Un nouveau droit humain en gestation sans doute. Exit le mariage religieux ringard, voici donc la « cérémonie d’engagement », « orchestrée à votre image », petit veinards.

Et vous, bande de mécréants qui vous morfondiez à l’idée de devoir vous contenter de « la procédure administrative bouclée en quatorze minute devant l’adjoint de monsieur le maire », vous avez dorénavant la possibilité d’avoir le solennel de la religion, sans la religion elle-même. Le beurre et l’argent du beurre, en somme, et le sourire de la mariée, et même son derrière, mais ça, a priori, vous l’aviez déjà, petits coquins libérés que vous êtes.

Les avantages de ce système s’interroge-t-on. " La liberté, pardi ". Car en plus de choisir vous-même la mariée, et la musique de la cérémonie (Les Beatles ! Du Gospel ! Patti Smith !), vous pourrez choisir aussi l’officiant.

Si possible un pote à vous qui « manie le verbe avec éloquence », et non comme un manche, ou à défaut un « officiant professionnel » qui ambiancera la teuf avec une pincée de solennel sans vous prendre la tête avec des gros mots comme fidélité ou devoir, sauf si vous le voulez bien sûr. Il en faut pour tous les goûts ! Même les plus masos. No souçaï, mon pote !

Tu veux de la fidélité, je te donne de la fidélité ! Tu veux de l’engament dégageable à souhait, je te donne de l’engagement dégageable !

 

07:07 Écrit par bk212103 dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

11/03/2011

ISLAMISME MODERE, une UTOPIE

En Tunisie, puis en Egypte, on a assisté à des révolutions contre la tyrannie et l’injustice. Certes, l’islam politique y a contribué d’une manière ou d’une autre, mais la dominante était du côté de jeunes qui n’étaient affiliés ni à l’idéologie religieuse ni à un laïcisme à l’ancienne. Cela va dans le sens d’une extension des libertés politiques, économiques, sociétales et intellectuelles.

Si les adeptes de l’islam politique ne veulent pas être emportés par la vague de ces mouvements de jeunes, s’ils ne veulent pas se couper de leurs bases sociales, s’ils ne veulent pas finir par apparaître comme une aberration, ils doivent islam.jpgs’adapter à ce nouveau contexte.

La pensée de l’absolu et de la sacralité qui conduit Al-Qaida à vouloir exterminer l’autre est partagée par de nombreuses organisations islamistes dites modérées. Celles-ci aussi ont pratiqué l’exclusion et la négation de l’autre. On peut penser que l’islamisme radical et violent sera rejeté par l’Histoire comme l’ont été d’autres écoles de pensée extrémistes pour avoir été incapables d’analyser rationnellement la réalité.

Désormais, on peut se demander si l’islam politique modéré ne risque pas de connaître le même sort s’il ne fait pas son aggiornamento. Jusqu’à présent, les pressions extérieures ou des régimes de chaque pays n’ont pas suffi pour qu’il fasse le tri nécessaire dans ses idées, ses méthodes et son programme. Peut-être aujourd’hui le fera-t-il sous la pression populaire. Car les peuples refusent désormais les vieilles réponses religieuses toutes faites, qui ne sont plus adaptées à notre temps.

En tête des revendications des jeunes arrive le refus de l’injustice et de la tyrannie sous toutes ses formes et quels que soient leurs slogans. Ils comptent sur des moyens techniques difficilement contrôlables et sur l’appui de la communauté internationale, notamment des Etats-Unis. Or l’islam politique modéré n’a ­toujours pas pris conscience des évolutions politiques et sociales récentes. Il continue de prêcher ses spécificités concernant les libertés publiques, le pluralisme, les droits de l’homme ou le statut de la femme. C’est pourquoi on ne peut qualifier cet islam modéré que de copie un peu affadie de l’islam radical.

 

 

07:09 Écrit par bk212103 dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

08/03/2011

PIRATAGE des VOITURES

Des chercheurs de l’université de Washington et de l’université de Californie à San Diego ont mené en novembre 2009 une expérience qui fait froid dans le dos. Elle s’est déroulée sur une piste (fermée au trafic aérien) de l’aéroport de Seattle. Un des scientifiques a fait accélérer jusqu’à 65 km/h la berline qu’il pilotait ; c’est alors que les freins de la voiture ont été neutralisés par Wi-Fi depuis une autre voiture roulant sur une piste parallèle. “Même quand on sait ce qui va se passer, la sensation de perdre le contrôle d’un véhicule est particulièrement perturbante, raconte Alexei Czeskis. Je sentais la résistance habituelle dans la pédale de frein, mais j’avais beau appuyer, il ne se passait rien.”

Pour réaliser cette démonstration de piratage à distance, les chercheurs n’ont fait que détourner un dispositif qui existe désormais sur nombre de modèles courants. Ils ont branché sur la prise OBD II [qui donne accès au système de diagnostics embarqué] de la voiture test un ordinateur portable doté d’une application appelée CarShark. pirate_voiture.jpgEt ils se sont mis en rapport avec ce portable, grâce à une connexion sans fil, depuis un autre ordinateur installé dans la seconde voiture. Outre la neutralisation des freins, ce dispositif a permis aux chercheurs d’éteindre les phares de la voiture test, d’actionner les essuie-glaces, de klaxonner, ­d’ouvrir le coffre et de stopper le véhicule en pleine course.

Ce genre d’expérimentation montre que les systèmes électroniques de nos voitures sont dangereusement vulnérables. De fait, cette menace est bien réelle ! Diverses affaires récentes le prouvent. Omar Ramos-Lopez, un ancien salarié de Texas Auto Center, mécontent de ce concessionnaire automobile d’Austin, a par exemple réussi, en mars 2010, à neutraliser (à distance) plus de cent véhicules de clients en piratant le système d’immobilisation des véhicules. Ce système controversé est fabriqué par Pay Technologies.

Il s’agit d’une boîte noire télécommandée et dotée d’un système GPS que certains concessionnaires américains installent sous le tableau de bord des clients qui ont souscrit un crédit à haut risque. Si le client ne fait pas face à une échéance à temps, la boîte peut être activée pour immobiliser le véhicule et indiquer sa localisation afin de faciliter sa récupération par un garagiste. L’opération de piratage menée par Ramos-Lopez n’était pas vraiment une prouesse technique, mais elle met précisément en lumière les dégâts qu’une personne malintentionnée peut assez facilement causer sur un véhicule dont pres­que tous les systèmes mécaniques sont commandés par ordinateur.

 

 

07:48 Écrit par bk212103 dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook