19/05/2011

JUSTICE et " ALL IN "

Faudra s’y faire. La justice belge assortira désormais ses peines d’un séjour «all in» dans des lieux bien à l’abri de la colère des parents des victimes, par exemple.

Libérable, Michèle Martin s’en va retrouver Roger Vangheluwe dans un couvent, en France. Ils pourront soupirer ensemble sur la dureté des temps. Vangheluwe, le pauvre, aurait tant voulu montrer sa tenue de nonette à la Gay Pride – une justice aveugle et impitoyable l’en empêche.

Les monastères et les églises se vident ? Qu’importe ! On y importe des pédophiles, des voyous, des crapules comme Martin.

Car il n’y a pas d’autre terme pour qualifier ce monstre qui nous la joue sainte-nitouche, victime qu’elle serait de Dutroux. Elle s’envoyait en l’air avec le tueur pendant que des enfants agonisaient dans la cave. Elle n’a même pas pensé à leur servir un verre d’eau.

Paraît qu’elle a un «plan de réinsertion». Nous vous le révélons. En prison, elle a «rencontré Dieu» – ça ne mange pas de pain et, dans certains milieux, ça vous a une certaine allure. A présent, dans son couvent, sœur Michèle du Calvaire (des autres) va écrire un bouquin où elle racontera l’histoire de sa rédemption. Elle trouvera certainement un éditeur à la Luc Pire pour publier ce torchon.

Ca lui rapportera des thunes, qu’elle fera verser à une société qu’elle aura eu soin de créer. De cette manière, on ne pourra pas attribuer ces sommes aux parties civiles, qui n’ont toujours pas vu l’ombre du premier euro de réparation.

Elle fera des tournées de conférence (sauf à Marcinelle, Charleroi et autres lieux où la salope a sévi et a été condamnée à plusieurs reprises), payantes, bien entendu. La gorge serrée, elle demandera pardon aux victimes et elle souhaitera à leurs familles de ne jamais connaître ce qu’elle a connu, elle Michèle Martin : la haine, le harcèlement d’une presse se transformant en chien furieux et autres avanies indignes d’un état démocratique.

Pendant ce temps, les victimes et les familles des victimes sont condamnées à vie. Julie, Melissa, An, Eefje et tant d’autres seront des enfants pour l’éternité. Des Martin et des Dutroux les ont empêché de vivre et de devenir adultes.

Et que dire de cet adulte, handicapé à 90 % et à vie, victime d’une agression dans la station de métro Delta, en 2007. Un des voyous, condamné à 8 ans de détention, vient d’être remis en liberté. Il porte un bracelet électronique. De qui se moque-t-on ? Si on avait imposé le bracelet à Michèle Martin, on n’aurait pu constater qu’une conduite exemplaire. Elle n’aurait pas quitté son domicile. Et pour cause : les victimes étaient dans la cave.

 

08:14 Écrit par bk212103 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

16/05/2011

KIRGHIZISTAN. Fin des Mausolées

Dans les années 1920-1930, le pouvoir soviétique s'est progressivement implanté en Asie centrale. Les Kirghizes se sont sédentarisés. Malgré la nouvelle idéologie égalitariste, ils n'ont pas renoncé à leurs traditPied de nezions, et ont même généralisé des usages jusque-là réservés aux personnalités les plus importantes.

Ainsi, à l'extérieur des aouls [villages], ils se sont mis à édifier de véritables nécropoles. Se souvenant du temps des yourtes, certains en ont recréé en plus petit pour les tombes de leurs parents, en fer forgé, semblables à des cages à oiseaux qui se couvrent de fleurs au printemps. Dans un autre style, certains mausolées parmikirkhi.jpg les plus somptueux pouvaient comporter une entrée, avec un banc, à l'image des tombes de personnalités du XIXe siècle comme on peut en voir au Père-Lachaise.

Différentes influences se sont mélangées. Les Russes ont amené la tradition de faire figurer sur les tombes un portrait gravé du défunt. On peut aussi voir, à côté du croissant, l'étoile à cinq branches [soviétique].

Le croissant est à la fois un symbole musulman et la représentation plus ancienne de la lumière dans les ténèbres. “Le système soviétique n'avait induit aucune égalité, la société était restée très différenciée. Si quelqu'un avait un proche au pouvoir, il avait un tombeau énorme. Il en va de même aujourd'hui. Si vous avez de l'argent, vous vous devez d'offrir à vos parents un mausolée grandiose, pour prouver que vous êtes un bon fils, ou une bonne fille”.

Depuis la dépression de ces vingt dernières années [depuis l'indépendance du pays, qui dépendait énormément du soutien du reste de l'URSS], la plupart des tombes récentes ne comportent plus que de simples dalles ou des silhouettes de yourtes en fer forgé. Les familles ne peuvent se permettre mieux.

Un graveur déplore ne plus avoir de commandes pour décorer des monuments funéraires élaborés. Il en est réduit à gagner son pain en gravant, pour l'équivalent de quelques dollars, des noms sur du métal qu'il récupère sur un chantier à l'abandon près de Bichkek.

Mais dans des paysages vallonnés qui demeurent prodigieux, on peut toujours contempler des tombes qui rappellent des Déçutemps plus prospères.

07:41 Écrit par bk212103 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

13/05/2011

POPULIMES EN FORME

Dominique Reynié a une thèse : nous assistons à la montée d'un populisme de type nouveau, le "populisme patrimonial", fondé sur la défense virulente d'un patrimoine matériel mis en cause (le niveau de vie) et d'un patrimoine immatériel menacé (le style de vie).

En clair, le populisme du XXIe siècle prospère sur la crise économique et sur l'immigration. Le chômage et la précarité pèsent sur le pouvoir d'achat et obscurcissent l'avenir. La vitalité de la religion musulmane inquiète d'autant plus que populisme.jpgla pratique religieuse chrétienne diminue fortement.

L'Europe étant le continent le plus atteint par la crise économique et celui où l'immigration est la plus forte (plus qu'aux Etats-Unis, nous précise l'auteur), le populisme y progresse sans cesse. Il le fait dans les pays européens les plus prospères comme dans les plus atteints, dans les pays de tradition catholique ou orthodoxe comme de tradition protestante.

La xénophobie, la peur de l'islam, la crainte du déclassement individuel et collectif, le rejet du multiculturalisme se retrouvent partout. Reynié distingue certes les populismes de séparation (Italie du Nord, Flandre belge), qui rejettent toute solidarité avec les provinces moins privilégiées de leur propre nation (Mezzogiorno ou Wallonie), des pays où l'extrême droite stricto sensu se renforce (Hongrie, Slovaquie, Roumanie).

Il tend cependant à trop généraliser le phénomène et omet d'expliquer pourquoi certains pays y résistent mieux que d'autres, comme l'Espagne. L'explication par le mode de scrutin législatif n'est pas très convaincante, puisque la Grande-Bretagne est adepte du scrutin majoritaire à un tour et l'Allemagne du scrutin en fait proportionnel.

"Populismes : la pente fatale", de Dominique Reynié (Plon)

 

08:07 Écrit par bk212103 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

22/04/2011

IMMIGRATION CLANDESTINE

Quiconque atteint Lampedusa n’est pas “payé au mérite” mais renvoyé comme ennemi de notre prospérité, qui “ne peut accueillir toute la misère du monde”. L’Europe est “un espace de liberté, de sécurité et de droit”, certes, mais uniquement pour ceux qui y vivent déjà.

Jadis, on parlait de boat people. Cette expression bienveillante aura été réservée aux Vietnamiens – peu nombreux – recueillis en mer de Chine et contingentés en Europe. Les réfugiés d’Afrique du Nord sont en revanche très nombreux. Voilà pourquoi ils ne bénéficient d’aucune aide (ou le moins possible).

Faire preuve d’humanité donnerait un mauvais signal, dit-on. Mieux vaut donc se montrer inhumain. Or une politique de lutte contre l’immigration clandestine suppose une dose d’immigration légale. Faute de quoi, surtout si l’on n’essaie pas d’améliorer les conditions de vie dans les pays d’origine, ce sont les passeurs et eux seuls qui font la loi.

On peut bien se lamenter sur leur mépris de la vie humaine, on leur donne ainsi tout loisir de prospérer. Il existe pourtant un moyen d’améliorer la situation dans les pays d’origine : le fair-play.

Tant que le beurre européen sera meilleur marché que le beurre local au Maroc, tant que la volaille française coûtera moins cher que la volaille locale au Niger, tant que les usines flottantes pêcheront tout ce qui bouge, l’Afrique connaîtra l’exode.

Les subventions européennes créent les raisons de fuir ; la confusion politique dans les pays d’origine fait le reste. Rien ne sert de dresser des murs ni d’installer des camps de transit sur les côtes. Cela ne fait qu’entretenir l’illusion qu’on peut continuer à subventionner l’exportation de produits alimentaires européens et qu’on n’est pas obligé de partager la richesse européenne.

 

07:01 Écrit par bk212103 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

21/04/2011

PERE des REVOLUTIONS ARABES

Avec un petit bouquin de 130 pages, Gene Sharp, ancien professeur à Harvard, a inspiré bon nombre d’insurrections pacifiques, d’Ukraine en Birmanie. Il serait aujourd’hui le théoricien des soulèvements arabes.

On raconte que les photocopies d’un livre circulaient sur la place Tahrir du Caire, pendant le grand sitting où la foule enjoignait Moubarak de dégager. Il s’agissait de «De la dictature à la démocratie», de l’Américain Gene Sharp. Le vieux prof de Harvard, aujourd’hui retraité, explique qu’il s’agit plus d’un «livret» que d’un livre. Il fait tout de même 137 pages. Les universitaires, déformation professionnelle, surestiment souvent les capacités de lecture des hommes du commun.

Cent trente-sept pages pour dire quoi? «De la dictature à la démocratie» se présente comme un manuel de révolution non-violente. Les chapitres s’intitulent «Faire face avec réalisme aux dictatures», «les Dangers de la négociation», «l’Application de la défiance politique» ou «Désintégrer la dictature». Ils composent un exposé méthodique et systématique de la marche à suivre pour piétiner un tyran, du premier rassemblement insurrectionnel improvisé à la rédaction d’une nouvelle constitution.

Gene Sharp puise autant ses sources dans sharp.jpgl’histoire que dans les livres. Il cite Aristophane, Aristote, Machiavel, jusqu’au très pointu Karl Deutsch, qui utilisa les modèles cybernétiques pour théoriser les sciences sociales. On trouve un sage chinois, aussi: la fable du «Maître Singe», contée par Liu-Ji au XIVème siècle, qui montre une horde de singes cessant d’aller cueillir des fruits pour le compte d’un vieux tyran. Sharp dresse des typologies d’actions non-violentes, distinguant les «méthodes de protestation et de persuasion» (il y en a 54, parmi lesquelles on notera les «prix satiriques», les «gestes grossiers», les «fausses funérailles» ou les «visites récurrentes à un fonctionnaire») des «méthodes de non-coopération» (il en dénombre 107; on retiendra la «grève du sexe»)

Ce pousse-à-la résistance passive, qui est lu au Zimbabwe, en Birmanie ou en Russie, est pourtant un paisible vieillard, célibataire et sans enfant, qui vit quasiment reclus avec sa jeune assistante (fort jolie). Il cultive des orchidées, comme beaucoup de vieux rêveurs. Il gagatise avec son gros chien noir, qu’il a appelé… Cesar.

Né en 1928, il est le fils d’un pasteur itinérant, ce qui explique sans doute qu’il n’aime pas voyager. Dans les années 1950, le jeune Gene, étudiant en sociologie à l’Ohio State University, refuse d’être enrôler en Corée. Il passe neuf mois en prison. Il développe une passion pour Gandhi, qui deviendra le principal sujet de ses recherches

 

08:40 Écrit par bk212103 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

18/04/2011

SLIP ROUGE

 

L'image que véhiculent plusieurs responsables politiques est absolument effarante. Nos médias ont un rôle prépondérant à jouer dans la lutte contre cette "berlusconisation" de la vie politique belge. Une opinion de Samy SIDIS, Juriste, titulaire d’un Master en sciences politiques.

Le 18 mars dernier, le président du Parti socialiste s’offrait une petite trempette à l’occasion de l’inauguration d’une piscine montoise.Revenant sur ce non-événement dans une carte blanche intitulée "Le corps glorieux d’Elio" (sic) publiée dans "La Libre Belgique" du 4 avril, Nicolas Baygert, chercheur en communication, y voyait l’illustration d’une stratégie visant à permettre à Elio l’Ancien de contenir la montée en puissance d’une vague de jeunisme au sein du PS.

Ce type de stratégie semble surtout révéler un mal inquiétant pour notre démocratie : l’image, le look, "la com’", ont désormais remplacé le débat d’idées, slip.jpgle travail de proposition, la défense d’un projet cohérent.L’image que véhiculent plusieurs responsables politiques est absolument effarante. Le slip rouge fièrement arboré par le président du Parti Socialiste s’inscrit en effet dans une suite de coups médiatiques aussi saugrenus les uns que les autres, qui vont des nombreuses déclinaisons du concept (dépassé ?) du "tout le monde aime papa" au clip récemment réalisé par Fadila Laanan (et "Nounours").

Le PS n’est cependant pas le seul à s’inscrire dans une telle stratégie. Ainsi a-t-on pu voir, il y a quelques mois ou années, des personnalités de premier plan, tantôt incarner une mère de famille utilisant ses enfants comme faire-valoir, tantôt répondre à une interview où se mêlaient, pêle-mêle, un passé toxicomane et le port du pyjama Cette banalisation de la communication par l’image et le superficiel de certains responsables politiques a essentiellement deux effets.D’abord, elle permet de détourner la population des véritables problèmes auxquels elle est confrontée.Ainsi, peu de gens auront retenu que la piscine inaugurée par le bourgmestre de Mons aura été financée à hauteur de 19 millions d’euros par des fonds exclusivement publics.

De même, l’épisode de "Nounours" visitant le cabinet Laanan tend à faire oublier la politisation à outrance du secteur culturel ainsi que l’octroi d’importants subsides à des associations promouvant le communautarisme, tel le MRAX.

Quant aux images de la mère de famille modèle ou du toxicomane repenti en pyjama, elles eurent pour résultat, tantôt de victimiser une personnalité partiellement responsable de l’échec de la coalition "Orange bleue", tantôt de dissimuler un programme politique qui, en promouvant le recours aux accommodements raisonnables, contribuait à faire le lit du repli du communautarisme.

Outre cette stratégie propice à l’infantilisation d’un électorat de moins en moins intéressé par le débat d’idées, cette véritable "berlusconisation" de la vie politique belge a pour conséquence de disqualifier celui ou celle qui ne rentrerait pas suffisamment dans le moule "people".

Malheur à celui qui paraît "froid", "arrogant", "intelligent, mais trop sûr de lui". Voué aux gémonies, ses projets et déclarations seront invariablement accompagnés d’une série d’attaques ad hominem. A défaut d’argumenter sur le fond, on se focalisera sur la détérioration de son image. On ne s’étonnera dès lors pas que des slogans simplistes, tels que le désormais célèbre "bain de sang social" (dérisoire pour qui connaît l’état d’une Wallonie dominée depuis près de 25 ans par le PS), réussissent à faire mouche auprès d’une partie de l’électorat.

(Mis en ligne le 09/04/2011 - LIBRE BELGIQUE)

08:12 Écrit par bk212103 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

12/04/2011

REVOLUTIONS dans les pays arabes

Les révolutions qui ont eu lieu en Egypte et en Tunisie remettent en question les règles politiques, la culture et le climat psychologique qui ont marqué le monde après les attentats du 11 septembre 2001. Plus précisément, le nihilisme islamiste représenté par Al-Qaida ainsi que le débat autour du “changement imposé de l’extérieur” découlant des doctrines de l’après-11 septembre, sont désormais dépassés.
L’idée du changement imposé de l’extérieur était traitée avec beaucoup d’hypocrisie dans le débat public arabe. Parmi ceux qui s’y opposaient, les uns étaient en réalité contre le changement tout court, les autres contre l’extérieur tout court. Les équipes des régimes en place, leurs partisans ainsi que leurs contradicteurs rejetaient cette idée afin de justifier l’immobilisme, tandis que les islamistes ou les nationalistes arabes s’y opposaient par rejet de l’Occident. Dans les deux cas, la focalisation sur l’aspect extérieur du changement a eu pour fâcheuse conséquence qu’on oubliait de parler de l’intérieur. Et ceux qui se faisaient les avocats du changement de l’extérieur justifiaient leur approche en disant que l’intérieur était aphone, apathique et incapable de produire par lui-même du changement.


Cette réalité a fini par être révélée au cours des révolutions égyptienne et tunisienne. Celles-ci ont montré que de vastes catégories de la population sont mues par des revendications sociales et politiques. A l’instar de n’importe quelle autre société dans le monde, et notamment en Occident, elles aspirent elles aussi à la liberté, à la dignité, à la justice et à la démocratie.
Sous l’angle culturaliste, nos sociétés paraissaient monolithiques, englobant les régimes et les populations dans un même ensemble – une interprétation où les gouvernants apparaissaient comme des victimes qui seraient à plaindre encore plus que les gouvernés.

Ce faisant, les idéologues officiels du pouvoir expliquaient que les régimes en place pouvaient se prévaloir d’une rationalité qui jouait en leur faveur, car la seule alternative à ces régimes, même corrompus, serait l’opposition affiliée à des mouvements islamistes, eux-mêmes réduits à une pathologie plutôt que d’être analysés selon les critères de la sociologie et de la science politique.

Cette approche a été défaite par les révolutions tunisienne et égyptienne, qui ont porté un coup dur aux islamistes, car ces derniers n’ont nullement été cette force que l’on croyait à même d’entraîner derrière elle l’ensemble de la société. Cette assertion n’était finalement qu’une illusion entretenue par les régimes afin de se faire valoir auprès des Occidentaux et d’une partie de leur propre population.

 

07:26 Écrit par bk212103 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook