06/10/2011

Chrétiens d’Orient

L’argument fondamental du sionisme était très simple : les chrétiens d’Europe ne veulent pas de nous, les Juifs. Il nous faut donc un foyer national, un Etat, ailleurs qu’en Europe. Ce n’est pas un hasard si le mouvement sioniste a été fondé dans le climat de l’affaire Dreyfus, que couvrait [à Paris] le journaliste autrichien Theodor Herzl. Alfred Dreyfus, officier de l’armée française, avait été accusé, à tort, d’espionnage au profit de l’Allemagne.

A travers cette affaire, tous les Juifs d’Europe étaient tenus en suspicion. Herzl en concluait que, plus d’un siècle après la proclamation par la Révolution française de l’égalité entre tous les citoyens, l’antisémitisme était toujours présent dans la France catholique. Mais la révolution russe de 1917 et ses déboires sont venus consolider la vision sioniste face aux Juifs qui prônaient l’intégration en Europe.

En raison de l’oppression dont les Juifs faisaient l’objet, leur présence dans les partis révolutionnaires, y compris chez les bolcheviks, avait été largement supérieure à leur poids dans la société. Ils avaient cru aux promesses de libération de l’homme et d’égalité sans distinction de religion, ni d’origine ethnique. Or la défaite de Trotski et l’établissement du régime stalinien avaient remis l’antisémitisme au goût du jour. Les adeptes du sionisme avaient alors beau jeu de dire : “Nous vous avions bien dit que les Juifs ne sont pas acceptés en Europe, que ce soit sous un régime conservateur chrétien ou sous un régime communiste athée.”

Aujourd’hui, on assiste à l’émergence dans le monde arabe d’une question chrétienne, affirment certains. Selon ces chrétiens, “la persécution est la même, avec ou sans régimes arabes autoritaires. Il y a consensus entre les gouverneurs et les gouvernés pour nous rejeter.” Il y a du vrai dans cette assertion, mais aussi du faux. En premier lieu, ce sont surtout les régimes qui en portent la responsabilité puisque ce sont eux qui ont créé un climat propice à l’intolérance.

Contrairement à l’antisémitisme européen, qui s’est développé à partir du cœur de la société pour monter jusque dans la sphère politique, les crispations confessionnelles arabes se sont diffusées de haut en bas à partir des discours et pratiques des régimes. Cela ne dédouane pas les sociétés de toute responsabilité, mais cela pointe du doigt les régimes qui trouvent dans la division de leurs sociétés une garantie de survie face à ceux qu’ils oppriment.


 

08:51 Écrit par bk212103 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

12/09/2011

POURQUOI ?

A quoi peut servir une mémoire collective telle que celle qui s’exprime dans les commémorations du dixième anniversaire du 11 septembre, et quels en sont les dangers. Pour ce faire, il faut envisager la possibilité, déplaisante d’un point de vue moral ou psychologique, qu’à certains moments et dans certains contextes l’oubli peut être préférable au souvenir.

Ce n’est pas une idée très bien accueillie aujourd’hui, ni par la droite nationaliste ni par la gauche droits-de-l’hommiste. La plupart des honnêtes gens sont favorables au pardon, mais il est rare d’entendre des voix en faveur de l’oubli. Peut-être sommes-nous trop influencés par cette phrase survalorisée de George Santayana, “ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le revivre” – une formule qui néglige le fait que l’Histoire, comme les comportements de chacun, est au moins en partie régie par ce que Freud appelle la chaîne de répétition inconsciente.

Peut-être croyons-nous en la supériorité éthique du souvenir par rapport à l’oubli parce qu’on nous a trop souvent répété que se souvenir, c’est être responsable, alors qu’oublier n’est pas seulement être irresponsable, mais tomber dans une sorte de lâcheté morale ou de nihilisme civique. Après tout, Jésus lui-même a enjoint à ses fidèles de pardonner à ceux qui les avaient offensés, et non pas d’oublier l’offense subie.

On ne peut éluder le fait que l’oubli est l’atout de quelques-uns des personnages les plus sinistres de l’Histoire. Hitler se demandait qui, en 1939, se souvenait encore du massacre des Arméniens par les Turcs, pour montrer que les nazis pouvaient agir à leur guise sans avoir rien à craindre.

Mais la commémoration ne fait pas que consoler ; elle peut aussi attiser la colère. J’ai appris à haïr, mais surtout à redouter la mémoire historique collective du temps de la guerre de Bosnie. La mémoire peut finir par faire ressembler l’Histoire à un arsenal doté des armes nécessaires pour perpétuer les guerres et fragiliser la paix. La mémoire du 11 septembre 2001 aura-t-elle ce même effet, alors que la paix paraît moins éloignée qu’autrefois ?

Il est trop tôt pour le dire. Comme l’ont montré les manifestations de soulagement et de joie qui se sont exprimées spontanément un peu partout aux Etats-Unis à l’annonce de la mort d’Oussama Ben Laden, les plaies sont encore à vif.

Pour l’heure, en tout cas, il ne peut être question d’oubli, ni même de pardon. Mais, s’il est trop tôt pour parvenir à l’un ou à l’autre, il n’est pas trop tôt pour se demander si la paix sera jamais possible sans oubli et sans pardon. Même le travail de deuil, aussi essentiel soit-il, doit cesser si l’on veut que la vie continue.

07:54 Écrit par bk212103 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

05/09/2011

Salam alikhoum

 

Mustapha Brahim Djelloul  Kadhafi a quitté la Lybie sans dire au revoir ! 
C'est pas " Tripoli" de sa part.
Il a même pas fait " Lybie zou" en partant !
Il est surement parti parce qu'il a fait " Lybie tises".
Il "Lybie zarre" quand même ce dictateur. 
C'est écrit dans la presse si tu " Lybien" !

 

07:43 Écrit par bk212103 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

01/09/2011

Fuite dans les écoles primaires

30 août 2011

"Les enfants des immigrés de la classe moyenne fuient en masse les écoles mixtes", rapporte De Morgen. La raison, selon le quotidien bruxellois : "Les Marocains ne veulent pas être dans la même classe que les Européens de l’Est ".

Pour Paul Mahieu, professeur de l’université d’Anvers qui étudie la ségrégation dans l’enseignement primaire, les écoles font face à une "fuite noire" comparable à la "fuite blanche", le phénomène par lequel les parents autochtones retirent leurs enfants des écoles fréquentées par une forte proportion d'élèves d'origine étrangère.

"Le mécanisme de fuite" se déclenche quand le seuil de 30% d’élèves d’origine étrangère est dépassé et que ce seuil atteint 50% pour les parents allochtones, explique Paul Mahieu.

Le chercheur estime qu'il s’agit d’un problème psychologique car "les parents sont persuadés que l’enseignement est meilleur dans les écoles avec beaucoup d’élèves autochtones" et redoute que cette fuite, qui va sans doute se poursuivre, aggrave les difficultés liées à la ségrégation.

 "La diversité" dans les écoles n’est pas forcement synonyme de problèmes, estime pour sa part De Morgen qui conclut : "à moins que l’on abandonne l’idée que l’enseignement est un moteur pour la mobilité sociale, les écoles avec un mélange socio-économique sont nécessaires.”

 

07:26 Écrit par bk212103 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

25/06/2011

CHINE, rien ne va plus

Il faut gagner de l’argent de façon modérée, mener une vie avec des limites morales précises, garder de la mesure en toute chose : tel est l’appel chargé d’émotion lancé par la présentatrice de la chaîne de télévision nationale Zhang Quanling. Le problème, c’est que ce n’est pas facile d’y parvenir.

Chacun fixe différemment la barre des limites morales à ne pas dépasser. Si celui qui se laisse entraîner en eaux troubles ne fait que porter atteinte aux mœurs de la société, celui qui tue sans raison un passant dans la rue ou qui commet un meurtre pour tel ou tel motif rejette dans un abîme sans fond toute limite morale.

Ainsi, un étudiant peut être frappé à mort parce qu’il n’a pas de pièce d’identité sur lui ; un petit vendeur de rue peut mourir sous les coups d’agents de la sécurité urbaine ; un directeur général peut être assassiné par son PDG ; des milliardaires peuvent embaucher des tueurs pour éliminer leurs ennemis… Sur Internet, si l’on tape “Engager un tueur à gages”, on obtient instantanément plus de 180 000 réponses ! Chercheurs et journalistes mettent en garde contre les dérives mafieuses de la société chinoise. Quand les limites morales d’une société sont dépassées et que toute confiance en autrui est absente, l’interpénétration des organisations gouvernementales et mafieuses finit par aboutir à un ordre public anormal où la violence devient le principal mécanisme de maintien du fonctionnement social.

Cela arrivera-t-il vraiment un jour ? Dans l’administration, les conditions minimales à remplir pour être un bon fonctionnaire sont en train d’évoluer. Un haut fonctionnaire de la province du Jiangxi, soupçonné d’avoir exproprié brutalement des habitants, a adressé une lettre aux médias dans laquelle il affirme avec aplomb :

“Pas de Chine nouvelle sans expropriations forcées !” Pour atteindre les objectifs en matière d’économie d’énergie et de réduction des gaz à effet de serre, de nombreux dirigeants locaux coupent l’électricité sans se soucier du fait que leurs administrés grelottent de froid en plein hiver.

Les citoyens qui osent aller se plaindre en haut lieu peuvent être internés comme malades mentaux ; de jeunes juges peuvent bizarrement “se suicider” en centre de détention ou même mourir d’avoir bu de l’eau bouillie.

Quand des villageois dénoncent la corruption, le secrétaire de cellule d’un village du Shanxi n’hésite pas à rétorquer : “A quoi bon être fonctionnaire si l’on ne demande pas de dessous-de-table ?” L’insolence est contagieuse, et les gouvernants agissent quasiment sans la moindre vergogne.

07:36 Écrit par bk212103 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

13/06/2011

PRODUITS BIO SUSPECTS

Ainsi donc, la bactérie tueuse qui ravage en ce moment l’Allemagne aurait son origine dans des produits biologiques allemands et non pas dans des concombres espagnols…

Principe de précaution qui a fait sonner injustement le tocsin contre des produits du Sud de l’Europe, forcément suspects, forcément traficotés, forcément dangereux pour la petite santé (on ne dit pas encore la race, mais cela ne saurait plus trop tarder) des bons Teutons qui gouvernent si bien et si précautionneusement l’Europe.

Principe de précaution qui justifie bien entendu le refus catégorique du gouvernement d’Angela Merkel d’indemniser les producteurs européens de légumes et de fruits qui ont été ruinés par l’effet d’annonce allemand et la suspicion généralisée qu’il a engendrée, puisqu’il s’est soi-disant agi de protéger potentiellement la santé et la vie de l’humanité tout entière.

Mais comme toujours, à quelque chose malheur est bon : désormais, au nom du principe de précaution, on ne consommera plus les insipides produits issus de l’agriculture biologique puisqu’ils tuent potentiellement

08:56 Écrit par bk212103 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

25/05/2011

Victime présuméee... et oubliée des médias

On ne sait pas grand-chose de la femme de chambre qui a poussé la porte de la suite 2806. On est d’ailleurs troublé de l’anonymat dans lequel reste encore cette victime présumée quand le visage du présumé innocent (il faut présumer, toujours) est à la une de tous les journaux du monde. Elle est la femme invisible de cette affaire et compte bien le rester pour le moment. L’homme que la justice américaine a décidé d’incarcérer concentre toute l’attention et c’est bien ce qui désole la féminosphère.

A la présomption d’innocence qui s’applique à DSK, ne devrait-on pas opposer le respect et la compassion pour la victime possible d’une agression sexuelle. Ils sont quelques politiques mâles à y avoir immédiatement songé, par calcul, par réflexe ou par bon sens. Dupont-Aignan l’a exprimé dimanche : « Alors que la plupart des commentaires ont tendance à s’apitoyer sur le sort du Directeur Général du FMI, j’ai tout de suite pensé à la victime. », Jean-Luc Mélenchon l’a également rappelé dsk.jpgà sa façon dans un billet curieusement titré « Ouh là, là ! » : « Je suis un peu surpris de voir que personne n’a l’air de se préoccuper de la femme de chambre de l’hôtel. Affabulatrice ? Peut-être ! Mais si c’est une victime, alors qui la plaint ? Nos paroles ne doivent-elles pas inclure le respect qui lui serait dû ? ».

Passée la sidération, c’est tout ce que la blogosphère compte de féministes revendiquées ou pas qui s’interroge ou se désole de cette façon si politique et donc si masculine de présenter ce qui arrive aujourd’hui au directeur général du FMI. Chez Nouvelles News, l’interrogation est lapidaire « une nouvelle fois, de ce côté-ci de l’Atlantique, en cas de viol ou de harcèlement sexuel, le coupable présumé est vite transformé en victime et vice-versa ». Clémentine Autain développe sur son blog une lecture plus marxiste de l’affaire et de son traitement médiatique « Ce sont deux poids deux mesures qui me laissent stupéfaite. Ce n’est pas une lecture féministe des choses mais une lecture de classe : la femme de chambre qui est invisible et le patron du FMI qui reçoit des messages d’encouragement ».

Les poupées en pantalon ne sont pas loin d’exprimer la même colère rentrée : « que DSK soit juridiquement présumé innocent ne justifie en aucun que l’on considère la femme qui l’accuse comme une présumée menteuse ». Bloggueur hébergé par Médiapart, Stéphane Lavignotes, plus politique, allume les « éléments de langage » des socialistes qui semblent, pour beaucoup, avoir oublié les valeurs féministes de la gauche au profit d’une légitime solidarité entre camarades traumatisés « Problème : les socialistes ont évoqué « les grands principes » pour baliser leurs réactions à l’annonce des malheurs de DSK, en l’occurrence la « présomption d’innocence ». Mais le féminisme, le droit à disposer de son corps n’en font pas partie ? La lutte contre le viol n’est-elle pas importante pour les socialistes ? Ont-ils oublié cette longue histoire de lutte de la classe ouvrière contre le droit de cuissage ? ».

Alors oui, négliger le sort de la victime présumée d’un viol dans le concert des commentaires médiatiques, c’est sans doute faire violence à toutes les victimes de viol. Oui c’est oublier les abus de positions dominantes qui caractérisent une société largement dirigée par des hommes. Oui c’est infliger une double peine à toutes celles que leur condition économique et féminine condamne à subir, à se justifier avant de connaître réparation. Trois fois oui. Pourtant, comment ne pas regarder ailleurs que vers DSK dans les premières heures de la révélation ? Comment, dans ce premier temps de sidération, scruter autre chose que l’image du puissant, menotté, au visage défait ?

 

Avant le respect et la compassion dus à la victime présumée, la focalisation des regards et des commentaires ne pouvait que se porter vers le puissant mis au pilori, vers l’anti-héros du drame.

 

07:12 Écrit par bk212103 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook