13/01/2012

Hermès, la vie ou la mort !

 

Ils ne peuvent pas s’offrir un produit de luxe. Alors, pour “sauver la face”, certains jeunes achètent seulement l’emballage griffé !

“Comment se payer un sac de marque en dépensant le moins possible ? Il suffit d’acheter une belle imitation + un ticket de caisse + un emballage de la marque en question.” Actuellement, certaines personnes qui ne peuvent se payer un produit griffé se contentent d’acheter un sac d’emballage pour transporter leurs affaires en frimant. Sur Internet, on s’arrache tout ce qui a trait aux produits de marque (les tickets de caisse, les notices d’utilisation, les étiquettes, etc.), et cela se négocie à des prix clairement affichés.

On parle à ce sujet de “consommation pour sauver la face”. Le centre d’enquêtes sociales du Zhongguo Qingnian Bao (“Journal de la Jeunesse chinoise”) a effectué un sondage auprès de 1 104 personnes. Il en ressort que 84,2 % des sondés affirment que, parmi les jeunes de leur entourage, cette consommation pour sauver la face est un phénomène très répandu.


Nous avons pu constater qu’un site de vente en ligne proposait une gamme complète de sacs d’emballage et d’accessoires de griffes célèbres, comme Hermès et Cartier, à des prix variant entre 2 et 200 yuans [de 0,24 à 24 euros]. Une cyberboutique vend des “sacs carton de marques de luxe” à 100 yuans [12 euros] pour des sacs neufs de petite ou moyenne taille et à 30 yuans [3,70 euros] pour des sacs en bon état ; les stocks sont actuellement épuisés. Un magasin de produits de qualité contrefaits a également en rayon des sacs en carton de bonne imitation, une combinaison de produits très appréciée des acheteurs.

Selon un internaute : “Les gens n’achètent pas un sac, mais un statut social, un état d’esprit et une apparence.” Désormais, la “consommation hermes.jpgpour sauver la face” et la surconsommation sont monnaie courante. Zhang Mi, qui commercialise des vêtements, s’est mariée il y a deux ans en toute simplicité [sans cérémonie ni échange de dots ni de cadeaux]. Cependant, très vite, sous la pression de leurs proches et amis, les jeunes époux ont acheté un logement à crédit en centre-ville, puis une voiture de milieu de gamme, toujours à crédit, pour se conformer à leur standing de “jeunes patrons”.

Quand ils sont rentrés dans leur famille, à l’occasion des fêtes du nouvel an, au volant de leur nouvelle voiture, leurs parents ont été aux anges devant cet achat qui affichait la réussite du couple parmi les jeunes de leur génération. “On fait partie maintenant de ces gens qui ont une voiture, un logement, un emploi, mais pas un sou en poche !” soupire Zhang Mi, dont les revenus conjugués à ceux de son mari dépassent pourtant 20 000 yuans par mois [plus de 2 400 euros]. Il leur faut à la fois assurer les dépenses liées à leur voiture et à leur logement, et rembourser leurs crédits. “Vu de l’extérieur, cela paraît magnifique, mais on ne sait pas tous les soucis que cela cache !”

Pourquoi cette attirance des jeunes pour la “consommation frime” ? Dan Xiuqin, col blanc né dans les années 1980, explique qu’une forte consommation conjuguée à de faibles revenus rend la vie stressante.

Aujourd’hui, quand on va acheter des vêtements, par exemple, les vendeurs vous saluent à peine si vous êtes habillé de manière ordinaire, ce qui est très vexant ! Tong Kun, étudiante à l’université du Hubei [province au centre de la Chine], indique que les cadres de l’Association des étudiants et les responsables de promotion sont en général issus de familles plutôt aisées.

Les étudiants provenant de milieux modestes manquent bien souvent de confiance en eux. S’ils cherchent à sauver la face par leurs achats, c’est à cause des grandes disparités sociales, car consommer pour la frime leur permet au moins de paraître égaux en apparence.

 

10:12 Écrit par bk212103 dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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