27/11/2011

Marx: la révolution permanente

Marx s'indigne, fulmine et trépigne face à un monde où l'opulence criarde des bourgeois s'accroît encore et toujours à mesure que les ouvriers s'enfoncent dans la misère. Cette inégalité inadmissible, il la perçoit distinctement grâce au langage marx.jpguniversel de l'argent, 
relevant du champ économique où les aliénations cachées dans le passé se clarifient enfin.

 

En énonçant une parenté entre la personne et l'extérieur, entre le sujet et l'objet qui fonde la disparition progressive du sujet dans l'objet, le matérialisme historique permet de saisir l'aliénation de l'homme. L'esprit se fait chose tandis que les choses se saturent d'esprit. Ceci est d'autant plus vrai que progressivement le produit se détache de manière croissante de l'activité productrice et même prend possession d'elle: l'objectivation devient réification. 
Ainsi, le capital n'est pas une chose mais un rapport social entre personnes médiatisées par des choses ".

 

De même, la religion, le droit ou la morale, constituent des inter-mondes 
séparant les hommes. La liberté politique, quant à elle, n'est qu'un leurre - c'est la célèbre distinction entre liberté réelle et liberté formelle: certes, les prolétaires possèdent le même droit de vote que les capitalistes en démocratie (liberté formelle), mais ils n'en jouissent ni 
n'en usent car on les prive des conditions de vie acceptable et on les dépouille du fruit de leur travail (liberté réelle). 

Face à cette épée de Damoclès, Marx annonce la fin du capitalisme par la révolution du prolétariat, avivée par la critique du parti, et l'avènement de l'Homme total. Par là, l'histoire se voit conférer un sens: pas une orientation irrésistible vers certaines fins, mais l'immanence à l'Histoire d'un problème par rapport auquel ce qui arrive à chaque moment peut être situé, apprécié, comparé, exprimé dans le même langage, conçu comme la contribution à la même tentative, et donc fournir un renseignement, bref, s'accumuler avec les autres résultats du passé pour former un seul tout signifiant. La masse prolétarienne est le lieu où l'extrême aliénation et la libération se mêlent un instant dans la praxis, où la conscience est un produit de l'Histoire et l'Histoire un produit de la conscience.

 

Le prolétariat est ce milieu où tout est faux et tout est vrai, où le faux est vrai en tant que faux et le vrai faux en tant que vrai, car il est la marchandise s'apercevant comme marchandise et du même coup se distinguant d'elle-même. Alors le prolétariat se supprime et conduit à la société sans classe. Un tel bouleversement ne peut avoir lieu que dans le sein de la praxis, mode d'existence polarisé, parenté d'une idéologie, d'un mouvement de forces productives, d'une technique, chacun entraînant l'autre et en recevant appui. L'ordre de la praxis est celui de la communication, de la fréquentation et de l'échange.

 

Ce mouvement du prolétariat est aiguillé par l'élaboration critique du parti, lieu où le sens qui est se comprend. On peut percevoir ici l'un des problèmes du marxisme: la révolution doit être permanente, le sens de la révolution est d'être révolution, c'est-à-dire critique universelle et en particulier d'elle-même. Or en pratique, aucune révolution ne saurait l'être. Il vient toujours un moment où la révolution devient gouvernement, le changement par la violence et la limitation de celle-ci par les institutions. 

 

07:10 Écrit par bk212103 dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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