03/11/2011

RIEN QUE LA BOUFFE LOCALE

Interdire les kebabs dans les centres-villes pour des raisons de sécurité est considéré comme étant une politique de droite, mais si c’est pour sauver le “made in Italy” ça devient une politique de gauche. La bataille en cours dans la Péninsule pour éloigner les restaurants étrangers des lieux touristiques est devenue transversale.

Et elle ne concerne pas seulement les kebabs mais aussi les bars à sushis, les fast-foods américains, les pubs irlandais, les restaurants chinois, etc. Cette guerre a été déclarée par la Ligue du Nord [parti d’extrême droite, populiste et régionaliste] et menée au nom de “la défense de l’ordre public et de la lutte contre les dégradations”, à Pavie, Bergame (en Lombardie), Cittadella (en Vénétie) et autres forteresses léguistes.

Chaque fois, les maires ont été taxés de xénophobie et accusés d’agir illégalement. Pourtant, des dispositions similaires ont été adoptées par des équipes municipales de centre gauche qui insistent bien sur le distinguo : “Nous, nous le faisons pour protéger la beauté et les produits typiques de nos villes.” Suscitant des accusations de racisme de la part des ­associations de défense des immigrés, elles ­provoquent aussi la perplexité des commerçants et posent une question redoutable : “Si New York ou Londres avaient imposé des interdictions équivalentes, que serait-il advenu des immigrés italiens et de leurs milliards de pizzas à emporter ?”

Un revirement qui n’étonnera guère ceux qui se souviennent que la première mesure de ce genre a vu le jour à Pistoia (Toscane) en 2007, sur une idée du maire de centre gauche, Renzo Berti.

“Nous avons changé le règlement municipal uniquement autour de la Piazza della Sala [la plus vieille place de la ville], se souvient aujourd’hui Berti. Un fast-food ou un restaurant chinois dans cette zone-là, ç’aurait vraiment été comme un coup de poing dans l’œil. Ce genre de mesure convient tout à fait aux petites agglomérations. A l’époque, certains de nos électeurs nous ont accusés de faire de la discrimination. Nous avons seulement voulu redonner souffle à l’économie locale. Aujourd’hui je constate que notre pari a été gagné.”

 

07:41 Écrit par bk212103 dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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