29/10/2011

Quatar, folie des grandeurs

Pour essayer de comprendre le phénomène Qatar, tournons-nous vers l’écrivain turc Aziz Nesin, et plus spécifiquement vers son roman Zübük.

L’histoire se passe dans la Turquie profonde et rurale. Le héros, Zübük, est un villageois un peu mégalomane dont le sport favori consiste à convaincre les gens de son importance et à inventer des histoires pour faire croire qu’il jouit de la plus haute estime des décideurs dans des contrées lointaines. Tout cela dans l’espoir d’occuper un jour le poste de maire dans son village.

Nous en avons tous rencontré, des Zübük. Il en existe chez les intellectuels, les politiques, etc. Généralement, on se rend vite compte de Aziz Nesin.JPGleur petit jeu, et on essaie de ne pas trop les fréquenter. Or voici qu’il ne s’agit pas d’un villageois turc de roman mais d’un Etat du Golfe. Il est trop petit pour qu’on le prenne au sérieux, mais il a assez d’argent pour que l’illusion prenne corps.

Le Qatar s’attire la vindicte des régimes syrien et yéménite, tout comme il se faisait insulter par les régimes déchus de Libye, d’Egypte et de Tunisie. Je n’ai pas envie de me retrouver dans le même camp que les régimes dictatoriaux, mais cela ne m’empêche pas de dire que le Qatar est un symptôme de la décadence que le monde arabe subit depuis quelques décennies. On ne peut pas expliquer le phénomène du Qatar en dehors du recul des vieux centres de la civilisation arabe, du Caire à Bagdad en passant par Damas et Beyrouth.

Un symptôme de notre décadence est la possibilité pour quelqu’un [le Qatar] de dire tout et son contraire, de défendre une cause et la cause opposée, de se jeter sur toutes les crises où il flaire une possibilité de médiation, sans être pris en flagrant délit d’incohérence. En période de décadence, ces contradictions ne sont pas une tare mais reconnues comme une valeur.

 

10:32 Écrit par bk212103 dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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