11/10/2011

PREDOMINANCE DU ROSE

L’attirance des petites filles pour le rose a beau nous sembler irrépressible, comme inscrite dans leur ADN, elle ne l’est pas, nous dit Jo Paoletti, maître de conférences en études américaines à l’université du Maryland.

Jusqu’au début du XXe siècle, il n’y avait pas de code couleur pour les enfants : avant l’arrivée des machines à laver, tous les bébés portaient du blanc pour des raisons pratiques, puisque la seule manière d’avoir du linge propre était de le faire bouillir. Qui plus est, garçons et filles portaient à l’époque des tenues qui n’étaient propres à aucun des deux sexes.

Quand la layette a commencé à prendre des couleurs, le rose était en fait considéré comme une teinte plus masculine, une version pastel du rouge, la couleur associée à la force. Le bleu, associé à la Vierge Marie, à la constance et à la fidélité,PREDOMINANCE DU ROSE.jpg symbolisait la féminité.

On ne sait pas exactement quand ni pourquoi la permutation a eu lieu, mais beaucoup des premières héroïnes Disney – Cendrillon, la Belle au bois dormant, Wendy, Alice au pays des merveilles, la Jane Banks de Mary Poppins – portaient différentes nuances de bleu (lorsque l’entreprise a lancé la gamme Princesse Disney, elle a teint la robe de la Belle au bois dormant en rose, officiellement pour la distinguer de Cendrillon).

Ce n’est que vers le milieu des années 1980, époque où l’amplification des différences d’âge et de sexe devint une stratégie clé du marketing ciblant les enfants, que le rose entra véritablement en jeu et qu’on se mit à penser qu’il plaisait forcément aux filles, qu’il était un élément de leur identité féminine, au moins pendant les premières années cruciales de leur vie.


 

07:49 Écrit par bk212103 dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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