08/10/2011

Poutine, version 2012

A l'étranger, les spécialistes de la diplomatie russe viennent de perdre leur principal sujet de commentaires. Ils n'ont désormais plus à se demander qui du tandem exerce la plus grande influence sur les affaires extérieures du pays. L'expérimentation a pris fin, et le leader officieux revient au premier plan.

Vladimir Poutine est largement diabolisé en Occident, ce qui, vu son caractère, doit plutôt le flatter que l'ennuyer. Son rejet du politiquement correct allié à un sens de l'humour très particulier renforcent le sentiment qu'il donne de ne rien respecter. C'est ce qui a produit la vision, aujourd'hui ancrée dans les esprits, d'une répartition des rôles, avec Poutine en anti-occidental agressif et Medvedev en progressiste comme il faut.

La politique étrangère de Vladimir Poutine redevenu président va suivre deux axes. Il devra d'abord se préoccuper d'assurer le développement de la Russie, ce qui passe par l'arrivée de partenaires et investisseurs extérieurs qu'il faudra savoir attirer.

D'autre part, il ne souhaitera pas s'encombrer de trop d'obligations (entre autres celles consistant à adhérer à telle ou telle organisation [allusion poutinr.jpgà l'OMC, avec laquelle Moscou est toujours en négociation]), car le caractère totalement imprévisible des événements internationaux va exiger qu'il garde les mains libres et conserve une très large souplesse dans ses réactions.

Le Poutine pro-intégration du premier mandat ne reviendra pas. Dans un ordre mondial en pleine déliquescence, on ne sait d'ailleurs plus vraiment à quoi s'intégrer. Pour autant, le Poutine du deuxième mandat, celui qui cherchait à tout prix à démontrer que ne pas traiter la Russie en partenaire égal était une erreur fatale, ne sera pas non plus au rendez-vous.

A présent, plus besoin de vouloir prouver quoi que ce soit, tout le monde a d'autres soucis. Vladimir Poutine version 2012 et années suivantes va plutôt tenter de parier sur un quant à soi général, tout en essayant au coup par coup de profiter des occasions offertes par la phase finale de l'érosion des institutions à travers la planète.

A l'extrême, si la situation internationale en arrive à un état critique, soit à cause de violents conflits locaux, soit à cause d'une crise généralisée avec effet domino, un quatrième Poutine pourrait voir le jour, mais il est à cette heure impossible de prévoir quelle serait son attitude.



 

08:22 Écrit par bk212103 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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