10/09/2011

Nothomb

Le secret de la dame au chapeau noir ? Elle ne se foule pas. Son lecteur fait de même. La paresse est contagieuse. Un succès d'Amélie Nothomb, c'est toujours une association de glandeurs. Pourquoi changerait-elle ses habitudes? Chaque mois de septembre, depuis vingt ans, elle sort un roman qui se vend à 200.000 exemplaires. Elle a compris que travailler moins, c'est gagner plus.

Avec « Tuer le père » (Albin Michel, 16 euros), elle n'a jamais mieux affiché sa désinvolture. Elle tenait pourtant un bon sujet, même s'il n'est pas neuf. Un grand magicien américain, Norman Terence, marié à une jongleuse de feu, recueille chez lui, dans le Nevada, un garçon de 14 ans, Joe Whip. Il lui enseigne son art et, comme à un fils, lui transmet sa philosophie, qui consiste à «amener l'autre à douter du réel». Il croit former un héritier, il fabrique un tricheur, doublé d'un ingrat.

Voilà, vous savez tout. Amélie Nothomb ne se donne pas la peine d'en faire un roman. C'est seulement la possibilité d'un livre. Ses 140 pages remplies de dialogues sont à la littérature ce que la bande-annonce est au cinéma: une complaisance, un digest, une promo, un gâchis..

 

07:55 Écrit par bk212103 dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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