07/09/2011

Anonymat sur Internet

Sensibilisés par la récente tuerie en Norvège, les journaux suédois veulent voir disparaitre de leurs sites internet les messages incitant à la haine. Ils ont donc décidé de mettre fin à l’anonymat.

Les commentaires haineux et anonymes sur le web sont à la une de l’actualité en Suède, après la décision lundi 29 août des trois grands quotidiens Dagens Nyheter, Aftonbladet et Expressen de fermer ou de modifier la possibilité pour leurs lecteurs de faire des commentaires anonymes aux articles. C’est à la suite des attentats en Norvège [à Oslo et à Utoya, le 22 juillet, qui ont fait 77 morts] que le débat sur les commentaires anonymes sur internet s’est intensifiée en Suède. L’Aftonbladet note que l’on pouvait trouver dans la manifeste politique de l’auteur des attentats, Anders Behring Breivik, les mêmes commentaires xénophobes et haineux qui fleurissent dans certains forums en Suède.

Pour plus de transparence, l’Aftonbladet exige que l’on se connecte avec son identité Facebook pour avoir le droit de faire des commentaires. « C’est un premier pas vers un ton plus respectueux dans le discours public », affirme Jan Helin, rédacteur en chef d’Aftonbladet.

Le Dagens Nyheter a choisi de fermer toute possibilité de commentaires pour l’instant, mais envisagent d’exiger que l’identité des internautes soit visible, par exemple par le biais d’un compte Facebook ou une adresse e-mail possible à vérifier.

Le rédacteur en chef du site de anonymat.jpgDagens Nyheter, Björn Hedensjö, regrette d’être obligé de prendre ces mesures: « L’idéal est bien entendu d’avoir un débat libre et ouvert qui n’a besoin d’aucune modification. Mais les forums sont utilisés par de petits groupes de personnes qui expriment souvent des opinions racistes. »

Cependant, Björn Hedensjö souligne qu’il n’est pas contre le droit à l’anonymat sur l’Internet en général: « La possibilité de rester anonyme sur Internet est un droit démocratique important, ce que nous avons vu dernièrement dans l’activisme sur l’Internet lors des révolutions arabes. »

Le quotidien Expressen, à son tour, a opté pour un système où les contributions des lecteurs sont scrutées par la rédaction avant d’être publiées, transmettant ainsi la responsabilité juridique des textes au directeur de la publication, Thomas Mattsson. Lui aussi évoque néanmoins la nécessité de pouvoir rester anonyme dans certains cas.

 

 

08:18 Écrit par bk212103 dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

Les commentaires sont fermés.