22/07/2011

SCANDALES SEXUELS AUX USA

Moins nombreuses et plus prudentes que leurs homologues masculins, les politiciennes défraient rarement la chronique pour des affaires de mœurs.

C’est en levant les yeux au ciel avec un net sentiment d’exaspération que les femmes de la Chambre des représentants ont réagi en apprenant, au début du mois de juin, qu’un nouveau scandale venait d’éclabousser l’un de leurs collègues masculins, le député Anthony Weiner. Contraint de démissionner le 16 juin, après avoir admis qu’il avait envoyé des photos de lui en petite tenue, via Twitter, à plusieurs jeunes femmes, le député démocrate de l’Etat de New York a reconnu qu’il avait commis “de terribles erreurs” et affirmé qu’il était “profondément désolé pour toute la peine” causée par ses frasques sexuelles dignes d’un adolescent. “Chaque fois qu’éclate un de ces scandales, nous nous regardons les unes les autres en nous disant : mais qu’est-ce qu’ils ont donc dans la tête ? Comment ces types peuvent-ils espérer ne pas se faire prendre ?” lâche Candice Miller, députée républicaine du Michigan.


Il serait facile de réduire ces histoires à de simples poussées de testostérone, de dire qu’il existe un lien intrinsèque entre sexe et pouvoir. Certains en arrivent même à conclure que les femmes actives n’ont tout simplement pas le temps de tromper leur conjoint. “Quand je suis chez moi en train de changer les couches, je n’ai vraiment pas la tête à ça”, a déclaré un jour Kirsten Gillibrand, sénatrice démocrate de l’Etat de New York. Mais il pourrait bien y avoir une autre explication. Les chercheurs pointent une différence significative dans la façon dont les hommes et les femmes briguent le pouvoir. Les femmes se présentent moins facilement que les hommes à des postes électifs et le font pour des raisons différentes. Qui plus est, très minoritaires au sein de la classe politique, elles sont conscientes d’attirer davantage l’attention sur elles.

Tout cela semble les pousser à se comporter différemment une fois élues. “En résumé, les femmes se présentent pour faire quelque chose, tandis que les hommes le font pour devenir quelqu’un”, explique Debbie Walsh, directrice du Center for American Women and Politics [Centre d’études sur les femmes et la politique] de l’université Rutgers. “Les femmes se présentent parce qu’elles se soucient de l’intérêt public, parce qu’elles veulent apporter des changements, parce qu’elles ont une priorité. Les hommes ont plutôt tendance à se présenter à ces postes pour faire carrière.”

Les études montrent que les femmes se présentent moins que les hommes à des postes électifs et qu’il est plus difficile de les convaincre de le faire, même à diplômes équivalents et à compétences égales.
Lescandidatsmasculinsont davantage tendance à se considérer “tout aussi capables que les élus en poste”, explique Jennifer Lawless, directrice du Women and Politics Institute [Institut femmes et politique] de l’American University de Washington. “Les femmes, elles, se mesurent à un candidat idéal qui n’existe pas.”

C’est pourquoi, en dépit des nets ­progrès accomplis par les femmes, la politique reste essentiellement une affaire d’hommes.

 

11:16 Écrit par bk212103 dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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