25/06/2011

CHINE, rien ne va plus

Il faut gagner de l’argent de façon modérée, mener une vie avec des limites morales précises, garder de la mesure en toute chose : tel est l’appel chargé d’émotion lancé par la présentatrice de la chaîne de télévision nationale Zhang Quanling. Le problème, c’est que ce n’est pas facile d’y parvenir.

Chacun fixe différemment la barre des limites morales à ne pas dépasser. Si celui qui se laisse entraîner en eaux troubles ne fait que porter atteinte aux mœurs de la société, celui qui tue sans raison un passant dans la rue ou qui commet un meurtre pour tel ou tel motif rejette dans un abîme sans fond toute limite morale.

Ainsi, un étudiant peut être frappé à mort parce qu’il n’a pas de pièce d’identité sur lui ; un petit vendeur de rue peut mourir sous les coups d’agents de la sécurité urbaine ; un directeur général peut être assassiné par son PDG ; des milliardaires peuvent embaucher des tueurs pour éliminer leurs ennemis… Sur Internet, si l’on tape “Engager un tueur à gages”, on obtient instantanément plus de 180 000 réponses ! Chercheurs et journalistes mettent en garde contre les dérives mafieuses de la société chinoise. Quand les limites morales d’une société sont dépassées et que toute confiance en autrui est absente, l’interpénétration des organisations gouvernementales et mafieuses finit par aboutir à un ordre public anormal où la violence devient le principal mécanisme de maintien du fonctionnement social.

Cela arrivera-t-il vraiment un jour ? Dans l’administration, les conditions minimales à remplir pour être un bon fonctionnaire sont en train d’évoluer. Un haut fonctionnaire de la province du Jiangxi, soupçonné d’avoir exproprié brutalement des habitants, a adressé une lettre aux médias dans laquelle il affirme avec aplomb :

“Pas de Chine nouvelle sans expropriations forcées !” Pour atteindre les objectifs en matière d’économie d’énergie et de réduction des gaz à effet de serre, de nombreux dirigeants locaux coupent l’électricité sans se soucier du fait que leurs administrés grelottent de froid en plein hiver.

Les citoyens qui osent aller se plaindre en haut lieu peuvent être internés comme malades mentaux ; de jeunes juges peuvent bizarrement “se suicider” en centre de détention ou même mourir d’avoir bu de l’eau bouillie.

Quand des villageois dénoncent la corruption, le secrétaire de cellule d’un village du Shanxi n’hésite pas à rétorquer : “A quoi bon être fonctionnaire si l’on ne demande pas de dessous-de-table ?” L’insolence est contagieuse, et les gouvernants agissent quasiment sans la moindre vergogne.

07:36 Écrit par bk212103 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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