22/06/2011

FETE de la MUSIQUE

L’ambition est belle. Mais si énigme il y a, pourtant, elle ne tient certainement pas du miracle. La France de l’époque a hérité de la réforme de Marcel Landowski, le « monsieur musique » d’André Malraux qui a permis le développement des conservatoires municipaux et à 5 millions de Français de posséder un instrument de musique.

Surtout, près d’un Français sur deux, tous âges et toutes catégories sociales confondues, affirmait alors « vouloir jouer », faisant fi des clichés qui réservaient l’apprentissage musical à une élite.

Du coup, l’événement parvient à s’imposer malgré un budget dérisoire : la première année, à peine plus de 600 000 francs (210 000 € compte tenu de l’inflation) . « La première édition, pour laquelle on craint le fiasco, ne doit pas excéder 30 minutes, avec, en guise de slogan, un jeu de mot en forme d’injonction que les Français prennent à la lettre : Fête (faites) de la musique ».

Malgré le scepticisme général, notamment celui des médias, la foule répond présent, jusque dans les paroisses qui jouent un rôle déterminant dans la diffusion de la fête. « La république laïque doit en grande partie la réussite initiale de la Fête aux paroisses et aux chapelles. »

La pérennité de la Fête de la musique musique.jpgse joue en 1986 : premier 21 juin de la cohabitation, qui donne lieu à un bras de fer politique. Les organisateurs, jusqu’alors à l’intérieur du ministère de la culture, se sont mués en association. Auprès de Maurice Fleuret, on y trouve des personnalités marquées à gauche comme Simone de Beauvoir, Ariane Mnouchkine, Gérard Depardieu, Tomi Ungerer ou le footballeur Dominique Rocheteau.

Un quart de siècle plus tard, ces questions demeurent. Mais la Fête de la musique est désormais célébrée hors de toute considération politique : « La jeunesse actuelle l’a toujours connue et l’adopte comme sa fête célébrant une planète sans frontières dont la musique est le vecteur. La politique n’y a plus sa place », selon Sylvie Canal.

Ainsi semble s’accomplir l’intuition de Maurice Fleuret, directeur de la musique auprès de Jack Lang en 1982 et véritable initiateur de l’idée, ce que l’on a un peu oublié. Ancien journaliste (décédé en 1990) il écrivait : « Tout se passe comme si la musique allait être partout et le concert nulle part. Comme si l’écoute et le faire de la musique allaient désormais être indissociables. »

 

10:21 Écrit par bk212103 dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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