16/05/2011

KIRGHIZISTAN. Fin des Mausolées

Dans les années 1920-1930, le pouvoir soviétique s'est progressivement implanté en Asie centrale. Les Kirghizes se sont sédentarisés. Malgré la nouvelle idéologie égalitariste, ils n'ont pas renoncé à leurs traditPied de nezions, et ont même généralisé des usages jusque-là réservés aux personnalités les plus importantes.

Ainsi, à l'extérieur des aouls [villages], ils se sont mis à édifier de véritables nécropoles. Se souvenant du temps des yourtes, certains en ont recréé en plus petit pour les tombes de leurs parents, en fer forgé, semblables à des cages à oiseaux qui se couvrent de fleurs au printemps. Dans un autre style, certains mausolées parmikirkhi.jpg les plus somptueux pouvaient comporter une entrée, avec un banc, à l'image des tombes de personnalités du XIXe siècle comme on peut en voir au Père-Lachaise.

Différentes influences se sont mélangées. Les Russes ont amené la tradition de faire figurer sur les tombes un portrait gravé du défunt. On peut aussi voir, à côté du croissant, l'étoile à cinq branches [soviétique].

Le croissant est à la fois un symbole musulman et la représentation plus ancienne de la lumière dans les ténèbres. “Le système soviétique n'avait induit aucune égalité, la société était restée très différenciée. Si quelqu'un avait un proche au pouvoir, il avait un tombeau énorme. Il en va de même aujourd'hui. Si vous avez de l'argent, vous vous devez d'offrir à vos parents un mausolée grandiose, pour prouver que vous êtes un bon fils, ou une bonne fille”.

Depuis la dépression de ces vingt dernières années [depuis l'indépendance du pays, qui dépendait énormément du soutien du reste de l'URSS], la plupart des tombes récentes ne comportent plus que de simples dalles ou des silhouettes de yourtes en fer forgé. Les familles ne peuvent se permettre mieux.

Un graveur déplore ne plus avoir de commandes pour décorer des monuments funéraires élaborés. Il en est réduit à gagner son pain en gravant, pour l'équivalent de quelques dollars, des noms sur du métal qu'il récupère sur un chantier à l'abandon près de Bichkek.

Mais dans des paysages vallonnés qui demeurent prodigieux, on peut toujours contempler des tombes qui rappellent des Déçutemps plus prospères.

07:41 Écrit par bk212103 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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