13/05/2011

POPULIMES EN FORME

Dominique Reynié a une thèse : nous assistons à la montée d'un populisme de type nouveau, le "populisme patrimonial", fondé sur la défense virulente d'un patrimoine matériel mis en cause (le niveau de vie) et d'un patrimoine immatériel menacé (le style de vie).

En clair, le populisme du XXIe siècle prospère sur la crise économique et sur l'immigration. Le chômage et la précarité pèsent sur le pouvoir d'achat et obscurcissent l'avenir. La vitalité de la religion musulmane inquiète d'autant plus que populisme.jpgla pratique religieuse chrétienne diminue fortement.

L'Europe étant le continent le plus atteint par la crise économique et celui où l'immigration est la plus forte (plus qu'aux Etats-Unis, nous précise l'auteur), le populisme y progresse sans cesse. Il le fait dans les pays européens les plus prospères comme dans les plus atteints, dans les pays de tradition catholique ou orthodoxe comme de tradition protestante.

La xénophobie, la peur de l'islam, la crainte du déclassement individuel et collectif, le rejet du multiculturalisme se retrouvent partout. Reynié distingue certes les populismes de séparation (Italie du Nord, Flandre belge), qui rejettent toute solidarité avec les provinces moins privilégiées de leur propre nation (Mezzogiorno ou Wallonie), des pays où l'extrême droite stricto sensu se renforce (Hongrie, Slovaquie, Roumanie).

Il tend cependant à trop généraliser le phénomène et omet d'expliquer pourquoi certains pays y résistent mieux que d'autres, comme l'Espagne. L'explication par le mode de scrutin législatif n'est pas très convaincante, puisque la Grande-Bretagne est adepte du scrutin majoritaire à un tour et l'Allemagne du scrutin en fait proportionnel.

"Populismes : la pente fatale", de Dominique Reynié (Plon)

 

08:07 Écrit par bk212103 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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