06/05/2011

RAFLE du Vél’ d’Hiv’

·          Les adultes non accompagnés d’enfants : autobus pour Drancy. Adultes avec enfants : autobus pour le Vélodrome d’Hiver. Ainsi furent répartis les juifs raflés à Paris les 16 et 17 juillet 1942. Ainsi s’explique qu’il y eut deux fois plus de femmes que d’hommes au Vél’ d’Hiv’, les hommes souvent se cachant hors de chez eux puisque, ainsi que la plupart le pensaient, « ils ne prendront pas les femmes et les enfants » : 3 031 hommes, 5 802 femmes, 4 051 enfants.

On en a tellement lu. Qu’est-ce qu’un livre de plus peut nous apprendre en 2011 ? Celui-ci nous plonge au plus près de cette enceinte sportive transformée par l’administration française en antichambre de l’extermination. Il nous donne à voir en fac-similé, retranscrites pour la première fois et accompagnées de photographies de leurs auteurs et des enfants, les dix-huit lettres connues, envoyées du Vél’ d’Hiv’ puis du camp de Pithiviers.

Dix-huit lettres, de quatorze femmes dont une seule a survécu, confiées à des gardiens, à des pompiers, où on lit, écrit du Vél’ d’Hiv’ : « Je vous assure qu’on croit rêver, ce n’est pas possible qu’une chose aussi horrible nous est arrivée » ; « mon père aussi se fait du mauvais sang et il vous demande de passer chez son patron lui expliquer son cas » ; « Rose et Jeannot sont aussi là » ; « je ne veux pas que mon enfant meure en Pologne, je veux mourir sans lui » ; « Jeannot [il a 4 ans] pleure tout le temps parce qu’il veut retourner à la maison ».

Après cinq jours, le Vél’ d’Hiv’ étant évacué, lettres écrites de Pithiviers, avant le départ pour Drancy et la suite : « Il n’y a qu’un sentiment qui emplit mon cœur : vengeance, c’est tout » ; « on a tout pris aux gens qui sont partis, ils n’ont plus rien. Je serai comme eux » ; « quand la moisson sera finie, elle reviendra ».

Puis il fallut bien qu’il y eût un peu d’humour, hein, avec des juifs, c’est forcé. Alors, du Vél’ d’Hiv’ : « Nous sommes tous assis tout autour, sur les fauteuils comme au spectacle, mais ce sont nous les artistes. Inutile de vous dire que c’est archiplein. »

( Delfeil de Ton - " Je vous écris du Vél’ d’Hiv’. Les lettres retrouvées ")


 

 

08:17 Écrit par bk212103 dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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