28/04/2011

POLAR du PAPE

 

Pour l’auteur de «Paradis», le pape Benoît XVI signe, avec «Jésus de Nazareth», un ahurissant roman policier et métaphysique, qui va de la crucifixion à la résurrection.

Les premiers chrétiens, rappelle le pape, se sont nommés eux-mêmes «les vivants», suivant la parole extraordinaire du Christ rapportée par Jean: «Qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais.» On voit l’ampleur du blasphème pour tous les amis ou les gestionnaires de la mort.

Staline n’avait pas tort de demander «le pape, combien de divisions?», en ajoutant «à la fin, c’est toujours la mort qui gagne». Hitler, dans son genre, s’est acharné à prouver qu’il était un grand prêtre déchaîné de la mort.

Mais Dieu est «le Vivant», et, contre toute attente, il y a encore des papes. Le dernier en date, très différent de son bienheureux prédécesseur, est un théologien subtil et d’un rare talent narratif. Il n’hésite pas, à propos de la Résurrection, point clé du récit, à parler d’une «mutation décisive». Le nouveau Temple est le lieu d’une adoration «en esprit et en vérité», et le corps du Ressuscité, qui ne doit plus rien à la biologie, est un saut qualitatif dans le flux des générations humaines.

Il ne vient pas du monde des morts, ce n’est ni un «esprit» ni un fantôme, ses manifestations, après sa résurrection, montrent la surprise des témoins qui ne le reconnaissent pas d’abord, mais seulement quand il disparaît (séquence des pèlerins d’Emmaüs, scène inouïe des pêcheurs sur la plage).

Le pape écrit: «Il est totalement corporel, et, cependant, il n’est pas lié aux lois de la corporéité, aux lois de l’espace et du temps.» C’est là où la science, ou le simple bon sens crient au délire, mais c’est là aussi que toutes les dérives mystiques ou spiritualistes viennent buter sur un fait matériel d’une totale nouveauté.

Et sur quoi vous fondez-vous pour affirmer cette révélation folle qui chemine, presque inaperçue au début, et de plus en plus combattue ensuite? Oui, sur quoi? Sur la Parole. Le personnage dit: «Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas.»

Le pape souligne: «La parole est plus durable et plus réelle que le monde matériel tout entier.»

 

08:03 Écrit par bk212103 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

27/04/2011

MARIAGE INUTILE

Voici une dizaine de raisons qui démontrent que le mariage peut être stupide et dispendieux.

Les sommes dépensées pour cette unique journée sont parfois obscènes. Pourquoi ne pas plutôt profiter de cet argent pour faire un long voyage à deux. Une lune de miel, en vraiment mieux. Donc mariez-vous légalement si vous le voulez mais faites l'impasse sur la fête pour investir cet argent autrement.

Le DJ est à la recherche d'hymnes fédérateurs,mariage.jpg qui feront danser grand-maman et votre petite nièce de 16 ans en même temps. Il passera donc YMCA. Claude François. Et si, vraiment, vous manquez de pot, Le lac du Connemara de Michel Sardou. Des titres qui font normalement saigner vos oreilles. Alors pourquoi devoir vous les
farcir lors de votre grand jour?

Les repas de mariage sont tels de la nourriture d'hôpital version hôtelière.
Certes, vous n'avez pas droit ici à un plateau en plastique gris mais à une assiette au liseret doré. Mais dans l'assiette, sous une dénomination pompeuse, ça ressemble à s'y méprendre à ce qu'on pourrait vous servir à l'hôpital. Normal: il s'agit là d'un travail à la chaîne. Tous les convives (150 bêtes affamées) doivent être servis en même temps et ce qui doit être servis chaud doit l'être pour tout le monde.

Le témoin du marié est généralement un crétin (d'après la mariée). Il peut être un mec bien et sympa dans la réalité mais son rôle de témoin le transforme tout à coup en imbécile. Il a trois missions à remplir. Organiser l'enterrement de vie de gaçon, une sorte de tentative de faire pression sur son pote: il essaye de lui faire comprendre qu'il a pris la mauvaise route. Ensuite, amener le marié à l'heure à la noce. Enfin, boire quelques coupes de champagne (trop) avant de faire un discours gênant et maladroit, pas drôle du tout, ponctué de hoquets. On exagère à peine.

L'open bar est une épée à double tranchant. Les invités commencent par vouloir se détendre et s'amuser. Ca c'est le côté chouette. Ca déshinibe. Mais à la fin de la soirée, il ne reste que quelque ivrognes sur la piste, obsédés par les demoiselles d'honneur. On peut aussi imaginer l'oncle Paul faire sa déclaration d'amour à la mariée ("Je t'ai toujours aimé Sophie") après avoir vomi dans le pot d'une plante.

Vous ne saviez pas où caser les célibataires? Vous les avez donc réunis à la table des célibataires. Mais c'est juste humiliant d'être réduit à son statut amoureux. D'autant plus qu'à cette table, il y a aussi les parias, qu'on a invités par obligation, et les marginaux, trop bizarres pour être placés à côté de tante Simone.


 

07:05 Écrit par bk212103 dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

26/04/2011

GUERRE de SECESSION

A l'aube mardi matin dans la baie de Charleston, en Caroline du Sud, le canon a tonné, donnant ainsi le coup d'envoi de la célébration du 150e anniversaire de la guerre de Sécession.

C'est là, le 12 avril 1861 à 4 h 30, que les troupes confédérées ont ouvert le feu sur Fort Sumter, occupé par une garnison de l'Union, déclenchant ainsi une guerre sanglante qui durera 4 ans et ferra plus de 600 000 morts, soit 2 % de la population. Cent cinquante ans plus tard, devant plusieurs centaines de spectateurs, des acteurs portant les deux couleurs d'uniforme ont rejoué la bataille qui s'est terminée par la reddition des Bleus, après 34 heures de bombardement intensif.

Ce n'était là que le prélude à toute une série d'évènements prévus dans les États du Sud sur les quatre prochaines années. Car la guerre de Sécession passionne toujours les Américains.

Pour preuve, les milliers de fans qui se secession.jpgdéguisent en soldat avec tout l'équipement et rejouent inlassablement les batailles célèbres. On en attend 12 000 en juillet en Virginie pour l'anniversaire de Bull Run, première grande bataille, et 25 000 en Pennsylvanie, en 2013, pour la commémoration de Gettysburg.

Reste que le sujet divise la nation. Beaucoup d'Afro-Américains estiment que marquer l'évènement, "c'est presque comme célébrer l'Holocauste", souligne Benard Simelton, président en Alabama de la National Association for the Advancement of Colored People. Mais pour une partie des Blancs du Sud, la guerre de Sécession reste vue comme une rébellion héroïque que l'on continue à glorifier.

Le drapeau sudiste flotte sur la pelouse du Capitole à Columbia, capitale de Caroline du Sud. En Géorgie ou en Alabama, on peut le faire graver sur sa plaque d'immatriculation. Et les hommes politiques cherchent régulièrement à minimiser la situation des Noirs.

 

07:27 Écrit par bk212103 dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

25/04/2011

YOGA

Le problème pour les historiens du yoga moderne, c’est que même ces textes anciens sur le hatha yoga ne décrivent qu’un petit nombre des postures enseignées aujourd’hui.

Deux cents asanas sont répertoriées rien que dans l’ouvrage Bible du Yoga du maître yogi B.K.S. Iyengar [J’ai lu, 2009], alors que les recueils Hatha Yoga Pradipika, du XIVe siècle, et Gheranda Samhita et Shiva Samhita, du XVIIe siècle n’en énumèrent que quinze.

Vu le peu de sources anciennes sur lesquelles yoga.jpgon puisse s’appuyer, on avance à présent des preuves invérifiables provenant de textes disparus. L’ashtanga vinyasa, ou yoga dynamique, de Pattabhi Jois, tirerait ses fondements d’un manuscrit sur feuilles de palmier appelé Yoga Kurunta, que le célèbre maître yogi Krishnamacharya (1888-1989) – dont Jois était le disciple – avait déniché dans une bibliothèque de Calcutta. Le manuscrit aurait depuis été dévoré par les fourmis et, aujourd’hui, il n’en existe plus le moindre exemplaire. Voilà sur quoi se fondent l’hindouisme pour revendiquer la propriété intellectuelle du yoga.

Qui plus est, de nouveaux travaux de recherche ont mis au jour de très intéressants textes et récits oraux qui remettent en cause la filiation des méthodes Jois et Iyengar. Ces derniers ont tous les deux été des disciples de Krishnamacharya à la fin des années 1930, à l’époque où celui-ci dirigeait une école de yoga dans une aile du palais du maharaja de Mysore. Krishnamacharya aurait fondé son enseignement sur un manuel du XIXe siècle, le Sritattvanidhi, dont la paternité est attribuée à un ancêtre du maharaja.

Le yogi canadien Norman Sjoman, à qui l’on doit la découverte de l’ouvrage, et l’universitaire américain Mark Singleton estiment que les germes du yoga moderne sont contenus dans le style novateur du Sritattvanidhi. Krishnamacharya, qui connaissait bien ce texte, poussa encore plus loin l’innovation en ajoutant à son enseignement des exercices de gymnastique occidentaux. Selon Sjoman, on retrouve dans l’enseignement de Krishnamacharya beaucoup du contenu d’un manuel de gymnastique qu’il a pu consulter au palais du maharaja. Et Singleton affirme qu’au moins vingt-huit des exercices d’un manuel danois de l’époque présentent des ressemblances frappantes avec les postures popularisées par Jois et Iyengar.

En accusant les Occidentaux de pillage, la HAF occulte tous les croisements qui ont donné naissance au yoga moderne. De fait, le yoga contemporain est un exemple unique en son genre de création véritablement mondiale, dans laquelle des pratiques orientales et occidentales ont fusionné pour produire une discipline estimée dans le monde entier. L’hindouisme, antique, médiéval ou moderne, n’a aucun droit de propriété particulier sur le yoga postural du XXIe siècle. Affirmer le contraire serait une erreur grossière.

 

08:38 Écrit par bk212103 dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

NOURISSIER

Dans un récit terrible, publié en 2003, François Nourissier avait raconté la maladie qui, jour après jour, l'anéantissait. Et qu'il appelait Madame la baronne de Parkinson.

Sa mauvaise compagne, François Nourissier, dans un précédent livre, l'avait baptisée Miss P., baronne de Parkinson.

Il tient ici le greffe de ses méfaits journaliers, après la chute théâtrale qui marque son entrée en scène; membres devenus fous, jambe qui cède, pied qui dérape, voix qui déraille, index stupidement bloqué devant la machine à écrire; objets changés en pièges, stylos rétifs, cuillers récalcitrantes, baignoires tombeaux, himalayas des escaliers; mots désormais incongrus, ski, valse, vitesse, tandis que les rengaines de l'enfance, «tiens-toi droit», «regarde où tu mets les pieds», retrouvent, elles, leur pertinence. Surtout, surtout, projets envolés: plus de voyages, nulle escapade à l'horizon.

 Et la conquête? Et l'amour? «C'en est fini, tu resteras immobile et tu écouteras ta mémoire.» Point de lendemain, telle est la sentence de Miss P. l'implacable.

Autour de l'ankylosé, mot pudique, la voix du téléphone s'est tue, le silence s'installe, l'ombre gagne; la mort sociale s'annonce avant l'autre. Il y a encore des amis pourtant, mais leur commisération, barbouillée de gaieté, est plus cruelle que l'indifférence. Il faut les voir frétiller à la plus fugace des embellies:

«tu as bonne voix», «quelle forme», «bien mieux que la fois dernière», «tu es resplendissant». «Ils achètent à bon prix le droit de parler d'autre chose, chuchote, pas dupe, le prisonnier soudé au fauteuil. Quand on me congratule, c'est en me fourrant une botte de fleurs dans les bras. J'ai appris à arborer mon sourire le plus maillot jaune.»

Pour conjurer l'irruption de l'adversité dans nos vies, nous disposons d'un riche répertoire de parades: la religieuse, qui cligne de l'oeil vers l'au-delà et prêche la rédemption par la souffrance; la littéraire, qui fait de la maladie l'allégorie de la catastrophe historique; l'érudite, qui transforme le patient en professeur agrégé de son mal; la morale, qui enseigne, les dents serrées, le digne maintien, la beauté gratuite des luttes sans espoir; la coquette, rompue aux comédies de la bonne figure.

La force de ce livre terrible est de les ridiculiser toutes comme autant de pauvres impostures. A quoi bon faire le faraud, ou le pantelant, ou le stoïque sous la mitraille? Inutile d'espérer tirer un quelconque bénéfice de l'entreprise de Miss P.: sa vérité est d'être, en son fond, humiliation et solitude.

 

 

08:33 Écrit par bk212103 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

23/04/2011

RASPAIL et la droite politique

Même un sympathisant Facebook des apéros «saucisson pinard» pourrait le comprendre. Une flotte de huit cent mille hindous avides et crasseux vient s’échouer sur les côtes françaises. La solution serait de les exterminer pour sauver l’Occident. Mais celui-ci ne sera pas sauvé.

Minée par la «Bête», c’est-à-dire par la mollesse humanitaire, la France faillit à sa mission historique. Comme en 1940. Entre-temps, l’auteur aura eu le temps de faire un sort aux plumitifs progressistes. Le plus illustre d’entre eux – ordure caricaturale – finira étranglé par un colosse noir, sa jeune épouse se voyant dûment violée par une prison entière.

A la manière de certains romans de Lovecraft, quoique en plus poussif, «le Camp des saints» n’est pas un florilège ordinaire d’opinions douteuses, mais un authentique morceau de névrose raciale. Le monstre qui déferle sur l’Occident y est décrit comme un «fleuve de sperme», un «grouillement» inlassablement occupé à copuler sur le pont du bateau et, détail insolite, à malaxer sa merde.

De son inexorable abordage, la «piétaille basanée» des usines françaises se réjouit bien sûr, tout comme les balayeurs noirs de la ville de Paris qualifiés de «peuple des rats». Sans ambiguïté, autant par le vocabulaire que par l’imaginaire, on est là au plus intime du fascisme: moins système politique que production de «l’Autre» comme d’un réel cauchemardesque appelant l’anéantissement.

Précision utile, Jean Raspail n’a jamais cherché à se réfugier derrière l’alibi fictionnel. Avec une fierté non dénuée de gâtisme, il couronne cette réédition d’une préface toxique à souhait où il avertit qu’aux alentours de 2045-2050 notre pays ne sera plus peuplé que de «bernard-l’hermite», vivant dans les coquilles abandonnées par la «souche» française.

Une «vision prémonitoire», aux dires de Denis Tillinac, que toute une presse de droite bon teint, le regard anxieusement tourné vers Lampedusa, vient de saluer comme s’il s’agissait du dernier chef-d’œuvre de Jean d’Ormesson.

(Aude Lancelin)

 

08:21 Écrit par bk212103 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

22/04/2011

IMMIGRATION CLANDESTINE

Quiconque atteint Lampedusa n’est pas “payé au mérite” mais renvoyé comme ennemi de notre prospérité, qui “ne peut accueillir toute la misère du monde”. L’Europe est “un espace de liberté, de sécurité et de droit”, certes, mais uniquement pour ceux qui y vivent déjà.

Jadis, on parlait de boat people. Cette expression bienveillante aura été réservée aux Vietnamiens – peu nombreux – recueillis en mer de Chine et contingentés en Europe. Les réfugiés d’Afrique du Nord sont en revanche très nombreux. Voilà pourquoi ils ne bénéficient d’aucune aide (ou le moins possible).

Faire preuve d’humanité donnerait un mauvais signal, dit-on. Mieux vaut donc se montrer inhumain. Or une politique de lutte contre l’immigration clandestine suppose une dose d’immigration légale. Faute de quoi, surtout si l’on n’essaie pas d’améliorer les conditions de vie dans les pays d’origine, ce sont les passeurs et eux seuls qui font la loi.

On peut bien se lamenter sur leur mépris de la vie humaine, on leur donne ainsi tout loisir de prospérer. Il existe pourtant un moyen d’améliorer la situation dans les pays d’origine : le fair-play.

Tant que le beurre européen sera meilleur marché que le beurre local au Maroc, tant que la volaille française coûtera moins cher que la volaille locale au Niger, tant que les usines flottantes pêcheront tout ce qui bouge, l’Afrique connaîtra l’exode.

Les subventions européennes créent les raisons de fuir ; la confusion politique dans les pays d’origine fait le reste. Rien ne sert de dresser des murs ni d’installer des camps de transit sur les côtes. Cela ne fait qu’entretenir l’illusion qu’on peut continuer à subventionner l’exportation de produits alimentaires européens et qu’on n’est pas obligé de partager la richesse européenne.

 

07:01 Écrit par bk212103 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook