23/04/2011

RASPAIL et la droite politique

Même un sympathisant Facebook des apéros «saucisson pinard» pourrait le comprendre. Une flotte de huit cent mille hindous avides et crasseux vient s’échouer sur les côtes françaises. La solution serait de les exterminer pour sauver l’Occident. Mais celui-ci ne sera pas sauvé.

Minée par la «Bête», c’est-à-dire par la mollesse humanitaire, la France faillit à sa mission historique. Comme en 1940. Entre-temps, l’auteur aura eu le temps de faire un sort aux plumitifs progressistes. Le plus illustre d’entre eux – ordure caricaturale – finira étranglé par un colosse noir, sa jeune épouse se voyant dûment violée par une prison entière.

A la manière de certains romans de Lovecraft, quoique en plus poussif, «le Camp des saints» n’est pas un florilège ordinaire d’opinions douteuses, mais un authentique morceau de névrose raciale. Le monstre qui déferle sur l’Occident y est décrit comme un «fleuve de sperme», un «grouillement» inlassablement occupé à copuler sur le pont du bateau et, détail insolite, à malaxer sa merde.

De son inexorable abordage, la «piétaille basanée» des usines françaises se réjouit bien sûr, tout comme les balayeurs noirs de la ville de Paris qualifiés de «peuple des rats». Sans ambiguïté, autant par le vocabulaire que par l’imaginaire, on est là au plus intime du fascisme: moins système politique que production de «l’Autre» comme d’un réel cauchemardesque appelant l’anéantissement.

Précision utile, Jean Raspail n’a jamais cherché à se réfugier derrière l’alibi fictionnel. Avec une fierté non dénuée de gâtisme, il couronne cette réédition d’une préface toxique à souhait où il avertit qu’aux alentours de 2045-2050 notre pays ne sera plus peuplé que de «bernard-l’hermite», vivant dans les coquilles abandonnées par la «souche» française.

Une «vision prémonitoire», aux dires de Denis Tillinac, que toute une presse de droite bon teint, le regard anxieusement tourné vers Lampedusa, vient de saluer comme s’il s’agissait du dernier chef-d’œuvre de Jean d’Ormesson.

(Aude Lancelin)

 

08:21 Écrit par bk212103 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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