22/04/2011

IMMIGRATION CLANDESTINE

Quiconque atteint Lampedusa n’est pas “payé au mérite” mais renvoyé comme ennemi de notre prospérité, qui “ne peut accueillir toute la misère du monde”. L’Europe est “un espace de liberté, de sécurité et de droit”, certes, mais uniquement pour ceux qui y vivent déjà.

Jadis, on parlait de boat people. Cette expression bienveillante aura été réservée aux Vietnamiens – peu nombreux – recueillis en mer de Chine et contingentés en Europe. Les réfugiés d’Afrique du Nord sont en revanche très nombreux. Voilà pourquoi ils ne bénéficient d’aucune aide (ou le moins possible).

Faire preuve d’humanité donnerait un mauvais signal, dit-on. Mieux vaut donc se montrer inhumain. Or une politique de lutte contre l’immigration clandestine suppose une dose d’immigration légale. Faute de quoi, surtout si l’on n’essaie pas d’améliorer les conditions de vie dans les pays d’origine, ce sont les passeurs et eux seuls qui font la loi.

On peut bien se lamenter sur leur mépris de la vie humaine, on leur donne ainsi tout loisir de prospérer. Il existe pourtant un moyen d’améliorer la situation dans les pays d’origine : le fair-play.

Tant que le beurre européen sera meilleur marché que le beurre local au Maroc, tant que la volaille française coûtera moins cher que la volaille locale au Niger, tant que les usines flottantes pêcheront tout ce qui bouge, l’Afrique connaîtra l’exode.

Les subventions européennes créent les raisons de fuir ; la confusion politique dans les pays d’origine fait le reste. Rien ne sert de dresser des murs ni d’installer des camps de transit sur les côtes. Cela ne fait qu’entretenir l’illusion qu’on peut continuer à subventionner l’exportation de produits alimentaires européens et qu’on n’est pas obligé de partager la richesse européenne.

 

07:01 Écrit par bk212103 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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