12/04/2011

REVOLUTIONS dans les pays arabes

Les révolutions qui ont eu lieu en Egypte et en Tunisie remettent en question les règles politiques, la culture et le climat psychologique qui ont marqué le monde après les attentats du 11 septembre 2001. Plus précisément, le nihilisme islamiste représenté par Al-Qaida ainsi que le débat autour du “changement imposé de l’extérieur” découlant des doctrines de l’après-11 septembre, sont désormais dépassés.
L’idée du changement imposé de l’extérieur était traitée avec beaucoup d’hypocrisie dans le débat public arabe. Parmi ceux qui s’y opposaient, les uns étaient en réalité contre le changement tout court, les autres contre l’extérieur tout court. Les équipes des régimes en place, leurs partisans ainsi que leurs contradicteurs rejetaient cette idée afin de justifier l’immobilisme, tandis que les islamistes ou les nationalistes arabes s’y opposaient par rejet de l’Occident. Dans les deux cas, la focalisation sur l’aspect extérieur du changement a eu pour fâcheuse conséquence qu’on oubliait de parler de l’intérieur. Et ceux qui se faisaient les avocats du changement de l’extérieur justifiaient leur approche en disant que l’intérieur était aphone, apathique et incapable de produire par lui-même du changement.


Cette réalité a fini par être révélée au cours des révolutions égyptienne et tunisienne. Celles-ci ont montré que de vastes catégories de la population sont mues par des revendications sociales et politiques. A l’instar de n’importe quelle autre société dans le monde, et notamment en Occident, elles aspirent elles aussi à la liberté, à la dignité, à la justice et à la démocratie.
Sous l’angle culturaliste, nos sociétés paraissaient monolithiques, englobant les régimes et les populations dans un même ensemble – une interprétation où les gouvernants apparaissaient comme des victimes qui seraient à plaindre encore plus que les gouvernés.

Ce faisant, les idéologues officiels du pouvoir expliquaient que les régimes en place pouvaient se prévaloir d’une rationalité qui jouait en leur faveur, car la seule alternative à ces régimes, même corrompus, serait l’opposition affiliée à des mouvements islamistes, eux-mêmes réduits à une pathologie plutôt que d’être analysés selon les critères de la sociologie et de la science politique.

Cette approche a été défaite par les révolutions tunisienne et égyptienne, qui ont porté un coup dur aux islamistes, car ces derniers n’ont nullement été cette force que l’on croyait à même d’entraîner derrière elle l’ensemble de la société. Cette assertion n’était finalement qu’une illusion entretenue par les régimes afin de se faire valoir auprès des Occidentaux et d’une partie de leur propre population.

 

07:26 Écrit par bk212103 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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