29/03/2011

WIKIPEDIA, une révolution

Diderot et d’Alembert, les encyclopédistes des Lumières, y reconnaîtraient-ils leur petit ? Fondée en 2000 par les Américains Jimmy Wales et Larry Sanger, Wikipédia, encyclopédie entièrement gratuite, créée par et pour les internautes, revendique cette prestigieuse filiation, mais le code ADN de l’encyclopédie a subi entre-temps une petite révolution démocratique.

Sur Wikipédia, pas d’experts signant les articles, pas d’architecture du savoir définie a priori, pas de clôture des connaissances estampillée par un comité d’experts. Chacun est libre d’éditer, de corriger et de modifier les contenus, participant ainsi à une vaste entreprise d’élaboration et de diffusion du savoir.

En dix ans, Wikipédia s’est imposée dans les usages, elle est même devenue incontournable. Le nombre de ses articles dépasserait la barre des 17 millions, en 270 langues. «C’est avant tout une victoire “par le clic”, par la facilité d’usage», analyse Marc Foglia, auteur de Wikipédia. Média de la connaissance démocratique ? (Fyp Éditions).

 

Vaincre les réticences n’était pourtant pas gagné. «Des dangers multiples étaient annoncés, voire une véritable catastrophe pour la culture, poursuit-il. Mais elle ne s’est pas produite et cela a changé le regard sur le projet.» Pour s’en convaincre, il suffit d’interrWikipédia, c’est avant tout une forme de démocratie appliquée au savoir, livré à égalité aux mains de tous, pour le meilleur comme pour le pire. «Le principe de Wikipédia, c’est que plus il y a de contributeurs – plus les yeux sont nombreux –, plus une erreur a de la chance d’être détectée, analyse Florence Devouard, ancienne présidente de la Wikimedia Foundation et membre du conseil d’administration de Wikipédia. C’est d’ailleurs souvent comme cela que l’on commence : un jour, on tombe sur un article comportant une erreur et on le modifie…»

Le projet fait confiance à la base, au simple citoyen, selon le principe de l’information bottom-up, produite « du bas vers le haut », que beaucoup de wikipédiens considèrent comme complémentaire – voire plus fiable que l’information top-down (« du haut vers le bas ») des grands médias, suspectés d’avoir des intérêts particuliers à défendre.

L’aspect communautaire est loin d’être négligeable. «Je participe à Wikipédia par plaisir et parce que j’ai le sentiment d’y être utile en contribuant à ce que cette encyclopédie ouverte à tous soit la plus correcte possible, dit un conservateur de bibliothèque d’une grande ville de l’ouest, également administrateur sur Wikipédia. Ce projet donne aussi le sentiment d’appartenir oger autour de soi. Si les plus réticents commencent par évoquer le risque du «n’importe quoi», ils finissent par reconnaître qu’ils consultent eux-mêmes le site… sans pour autant s’y limiter.
           

07:32 Écrit par bk212103 dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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