29/03/2011

SEXUALITE en DANGER

 

De reportages télévisés en articles de presse, de «guides sexo» en sites web spécialisés, notre sexualité est
devenue un terrain de jeux sans règle contraignante. Festive, joyeuse et très
librement médiatisée, elle reflète une société affranchie de toute codification
du désir et du plaisir. Orgasme, masturbation, érection, éjaculation féminine
et pratiques sexuelles les plus audacieuses sont évoquées sans gêne par tous
les types de médias.

Ce déferlement nous apprend pourtant une chose essentielle, qu’on aurait tort de négliger: le sexe,
c’est grave, et on n’est pas là pour rigoler. Alors à celles et
ceux qui auraient encore la naïveté de croire qu’ils peuvent décider sans
l’aide d’un expert comment et quand ils doivent baiser, je dirais: grave
erreur.

Enjeu de pouvoir social et baromètre de notre bonne santé psychique, elle détermine notre place
dans la société, par rapport à une norme que seuls les experts sont à même
d’établir, pour notre plus grand bien. sex.JPGHors de cette norme, point de salut.

Alors libres de jouir dans une société affranchie? Jamais de la vie, c’est trop dangereux.
Notre sexualité, même si nous l’ignorons, est très souvent malade. Soyons
humbles, et soignons-nous.

On peut raisonnablement saluer l’évolution en marche depuis les années 1960: s’épanouir
sexuellement est devenue l’expression d’un droit, on a abandonné certains
tabous et interdits, le sexe sort du domaine réservé des professionnels de
santé. Résultat, la sexualité en tant que sujet de société trouve sa place dans les médias, et on
voit fleurir les premiers «sujets sexo»: sexologues, psychothérapeutes et
médecins envahissent les magazines, et apportent leur caution.


On découvre bientôt ce qui, dans notre propre sexualité, est normal ou ne l’est pas; on apprend ce
qui relève de la névrose, du besoin de réassurance narcissique, d’un
traumatisme lié à la relation au père ou d’un manque d’estime de soi. Voilà
pour le positif.

Quarante ans plus tard, le fonctionnement de notre sexualité s’inscrit dans une norme médiatique,
en dehors de laquelle nos agissements intimes ne relèvent ni de notre liberté
ni de nos inclinations personnelles mais bien de «troubles», de «manques» et de
pathologies.

 

07:37 Écrit par bk212103 dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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