25/03/2011

FACEBOOK et la PROPAGANDE

On n’a pas fini de s’époumoner sur le rôle des réseaux sociaux dans le déclenchement et la propagation des révoltes et révolutions arabes.

Il y a encore quelques temps, Facebook et Twitter étaient les outils d’une jeunesse aussi seule que désœuvrée. Depuis quelques mois, on sait qu’ils ont été essentiels aux mouvements contestataires.

On va bientôt comprendre qu’ils sont aussi une arme de choix pour précisément les mater. D’ailleurs, ce qui se joue sur les réseaux aujourd’hui est pris très au sérieux par l’armée américaine.

D’après Anonymous, elle vient d’investir 2,76 millions de dollars (et ce n’est qu’un tout début) dans un programme informatique de cyber influence. Ntrepid, une société de Los Angeles et probablement le cabinet Booz Allen Hamilton auraient été chargés d’inventer un programme, disons-le franchement, d’espionnage et de propagande sur Internet : il vise à manipuler l’opinion par le truchement, l’activité et les messages d’internautes factices téléguidés à distance par des militaires.

Par exemple, vous êtes sur votre page Facebook et une personne veut devenir votre tout nouvel ami. Il montre patte blanche, aime les mêmes choses que vous, présente tous les signes extérieurs du parfait petit internaute. Il commence par vous envoyer des infos sur sa personne, des jeux un peu débiles, poste les photos de son chien. Il s’infiltre. Progressivement il envoie des messages plus politiques, attire votre attention sur tel ou tel sujet. Il prend possession de votre opinion.

C’est aussi l’outil de prédilection des champions de la propagande, Chinois en tête. Des armées de bloggeurs travaillent à la solde du Parti pour contre-carrer la dissidence intérieure. Les wu mao dong sont payés 50 centimes le mot. Comme une mauvaise conscience qui se signale, leurs messages sont souvent reconnaissables à leurs fautes d’orthographe.

Directement inspirés de l’expérience chinoise, les américains ont innové en remplaçant les personnes par des algorithmes. Avec ce programme, un même individu peut gérer une armée de fausses identités réparties aux quatre coins du globe. En langage des réseaux, on appelle cela « des marionnettes chaussettes », des faux nez, des « sock puppets ».


07:16 Écrit par bk212103 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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