19/03/2011

SUBVENTIONS de la PAC

L’agriculture européenne reçoit près de 100 milliards d’euros de subsides de Bruxelles et des Etats membres. Des aides qui faussent le marché sans vraiment sauvegarder l’environnement.

Depuis longtemps, les citoyens se demandent où vont leurs impôts : chaque année, les Etats pac.jpgmembres de l’Union européenne prodiguent 100 milliards d’euros de subsides à leur agriculture, dont 60 milliards sont versés directement par Bruxelles. Que reçoivent-ils en retour ? Des dioxines. Des animaux de batterie. Des concombres, des tomates et des melons dont la forme diffère, mais non le goût. Des aliments dont les gènes ont été modifiés pour faire le bonheur de l’industrie. Pourquoi donnons-nous autant d’argent à nos agriculteurs et recevons-nous si peu en retour ? Georg Häusler, chef de cabinet du commissaire européen à l’Agriculture, résume : “D’un côté, les politiques nous promettent un monde préservé ; de l’autre, les consommateurs allemands sont confrontés à un scandale alimentaire retentissant.” Où le bât blesse-t-il ? Ce n’est pas au Salon de l’agriculture de Berlin que nous avons trouvé la réponse, mais à la campagne.

Surtout, les agriculteurs doivent percevoir une plus grande part des revenus de la chaîne de production alimentaire. Aujourd’hui, sur 1 euro versé par les consommateurs, 21 cents finissent dans la poche de l’agriculteur. Contre 62 cents en 1950. Le reste se répartit pour l’essentiel entre les transformateurs, comme Danone, Nestlé ou Burger King, et les discounters comme Aldi et Lidl. Si les grandes exploitations négocient sur un pied d’égalité, les petites sont souvent à la merci de ces hard discounters. La Commission européenne vient de créer un groupe de travail dont l’objectif est de renforcer la position des agriculteurs.

Enfin, Bruxelles veut récompenser les agriculteurs qui protègent de leur propre chef l’environnement. Dans leur document d’orientation, les experts de la Commission de Bruxelles dégagent trois options politiques à l’horizon 2020. La première consiste à ne ­toucher à rien. Selon les termes de la deuxième option – qui aurait les faveurs de la Commission, dit-on –, les aides forfaitaires, qui sont essentiellement favorables aux grandes exploitations, seraient à nouveau supprimées. La troisième op­tion est un virage à 90° de la politique agricole commune, qui deviendrait “clairement axée sur les objectifs relatifs à l’environnement et aux changements climatiques” et prévoirait “l’abandon progressif des mesures de soutien au revenu et de la plupart des mesures de marché”. Rarement des propositions de Bruxelles auront été aussi explosives. Et pourtant, ce débat laisse Georg Häusler, notre spécialiste, plutôt froid. De son point de vue, si l’on voit une mise en œuvre partielle de la deuxième option, ce sera bien tout.

“Que se passerait-il si nous décidions, dans un geste d’audace, de supprimer toutes les subventions européennes à partir de 2020 ?” questionne-t-il. Le spécialiste suppose que l’Allemagne ne débourserait pas 6 milliards pour son agriculture, mais 8 ; l’Autriche n’en débourserait pas 2, mais 3 ; et, en Espagne, c’est probablement le marché qui déciderait. “Dans certains Etats membres, l’agriculture est une priorité nationale ; dans d’autres, non”.

Il doit défendre les agriculteurs allemands contre les exploi­tations d’Europe de l’Est. Car les 9 millions d’exploitations agricoles des dix nouveaux Etats membres de l’UE veulent, elles aussi, toucher leur part des milliards de Bruxelles. Toutes sont favorables au statu quo. “Les sols, l’air et l’eau n’ont jamais été aussi propres dans toute l’histoire de l’humanité”, affirme M. Sonnleitner. Autrement dit, on ne touche à rien.

Même si la gestion des paysages est mise à mal. Même si la manne qui tombe dans l’escarcelle des grandes exploitations envoie un mauvais signal. Même si les citoyens mangent trop de viande pour que l’Europe soit indépendante. C’est ce qu’il y a de bien dans la politique d’aide labyrinthique de Bruxelles. Le client y est vraiment roi.

07:32 Écrit par bk212103 dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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