15/03/2011

CANARD ENCHAINE et WIKILEAKS

La France qui savoure les fuites sans se poser de question sur l’identité et les motifs de leurs auteurs n’a que dédain pour WikiLeaks et antipathie pour Julian Assange, son principal fondateur. Opposition et pouvoir sont sur le même ton: WikiLeaks est pour la gauche française un WikiBrother, le clone du Big Brother de George Orwell.

Le Canard enchaîné joint sa voix à celle de grands ténors du Parti socialiste et de l’extrême gauche pour défendre le droit de l’Etat au secret, et par là son devoir de dévoiler comme bon lui plaît et comme faire se peut les indélicatesses de l’establishment.

En identifiant ses sources canard.jpg(les carnets des soldats en Afghanistan ou les dépêches des ambassadeurs du Département d’Etat américain), en exposant ouvertement ses motivations (la progression de la transparence gouvernementale), WikiLeaks commet deux crimes insupportables à la société politique française, emmaillotée dans le tricot des privilèges et des prérogatives, monde enfermé, désireux de le rester, accessible seulement par l’assaut, la ruse, la traîtrise, monde de rêve pour les combattants de "l’intérêt public".

L’idéologie de WikiLeaks détruit les jeux de cour. La cour, ne reculant devant aucune contradiction, proclame aussitôt ses dépêches "sans aucun intérêt" et sa quête de transparence "dangereuse".


Vidant leurs informations dans la boîte aux lettres du Canard enchaîné, ses ennemis inconnus s’attirent la sympathie et peuvent se donner les galons de défenseurs de l’honneur. Dans l’idéal réalisé de WikiLeaks, il n’y aurait plus besoin de Canard enchaîné. Donc, en effet, WikiLeaks est potentiellement dangereux.

 

07:07 Écrit par bk212103 dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

Les commentaires sont fermés.