11/03/2011

ISLAMISME MODERE, une UTOPIE

En Tunisie, puis en Egypte, on a assisté à des révolutions contre la tyrannie et l’injustice. Certes, l’islam politique y a contribué d’une manière ou d’une autre, mais la dominante était du côté de jeunes qui n’étaient affiliés ni à l’idéologie religieuse ni à un laïcisme à l’ancienne. Cela va dans le sens d’une extension des libertés politiques, économiques, sociétales et intellectuelles.

Si les adeptes de l’islam politique ne veulent pas être emportés par la vague de ces mouvements de jeunes, s’ils ne veulent pas se couper de leurs bases sociales, s’ils ne veulent pas finir par apparaître comme une aberration, ils doivent islam.jpgs’adapter à ce nouveau contexte.

La pensée de l’absolu et de la sacralité qui conduit Al-Qaida à vouloir exterminer l’autre est partagée par de nombreuses organisations islamistes dites modérées. Celles-ci aussi ont pratiqué l’exclusion et la négation de l’autre. On peut penser que l’islamisme radical et violent sera rejeté par l’Histoire comme l’ont été d’autres écoles de pensée extrémistes pour avoir été incapables d’analyser rationnellement la réalité.

Désormais, on peut se demander si l’islam politique modéré ne risque pas de connaître le même sort s’il ne fait pas son aggiornamento. Jusqu’à présent, les pressions extérieures ou des régimes de chaque pays n’ont pas suffi pour qu’il fasse le tri nécessaire dans ses idées, ses méthodes et son programme. Peut-être aujourd’hui le fera-t-il sous la pression populaire. Car les peuples refusent désormais les vieilles réponses religieuses toutes faites, qui ne sont plus adaptées à notre temps.

En tête des revendications des jeunes arrive le refus de l’injustice et de la tyrannie sous toutes ses formes et quels que soient leurs slogans. Ils comptent sur des moyens techniques difficilement contrôlables et sur l’appui de la communauté internationale, notamment des Etats-Unis. Or l’islam politique modéré n’a ­toujours pas pris conscience des évolutions politiques et sociales récentes. Il continue de prêcher ses spécificités concernant les libertés publiques, le pluralisme, les droits de l’homme ou le statut de la femme. C’est pourquoi on ne peut qualifier cet islam modéré que de copie un peu affadie de l’islam radical.

 

 

07:09 Écrit par bk212103 dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

Les commentaires sont fermés.