08/03/2011

PIRATAGE des VOITURES

Des chercheurs de l’université de Washington et de l’université de Californie à San Diego ont mené en novembre 2009 une expérience qui fait froid dans le dos. Elle s’est déroulée sur une piste (fermée au trafic aérien) de l’aéroport de Seattle. Un des scientifiques a fait accélérer jusqu’à 65 km/h la berline qu’il pilotait ; c’est alors que les freins de la voiture ont été neutralisés par Wi-Fi depuis une autre voiture roulant sur une piste parallèle. “Même quand on sait ce qui va se passer, la sensation de perdre le contrôle d’un véhicule est particulièrement perturbante, raconte Alexei Czeskis. Je sentais la résistance habituelle dans la pédale de frein, mais j’avais beau appuyer, il ne se passait rien.”

Pour réaliser cette démonstration de piratage à distance, les chercheurs n’ont fait que détourner un dispositif qui existe désormais sur nombre de modèles courants. Ils ont branché sur la prise OBD II [qui donne accès au système de diagnostics embarqué] de la voiture test un ordinateur portable doté d’une application appelée CarShark. pirate_voiture.jpgEt ils se sont mis en rapport avec ce portable, grâce à une connexion sans fil, depuis un autre ordinateur installé dans la seconde voiture. Outre la neutralisation des freins, ce dispositif a permis aux chercheurs d’éteindre les phares de la voiture test, d’actionner les essuie-glaces, de klaxonner, ­d’ouvrir le coffre et de stopper le véhicule en pleine course.

Ce genre d’expérimentation montre que les systèmes électroniques de nos voitures sont dangereusement vulnérables. De fait, cette menace est bien réelle ! Diverses affaires récentes le prouvent. Omar Ramos-Lopez, un ancien salarié de Texas Auto Center, mécontent de ce concessionnaire automobile d’Austin, a par exemple réussi, en mars 2010, à neutraliser (à distance) plus de cent véhicules de clients en piratant le système d’immobilisation des véhicules. Ce système controversé est fabriqué par Pay Technologies.

Il s’agit d’une boîte noire télécommandée et dotée d’un système GPS que certains concessionnaires américains installent sous le tableau de bord des clients qui ont souscrit un crédit à haut risque. Si le client ne fait pas face à une échéance à temps, la boîte peut être activée pour immobiliser le véhicule et indiquer sa localisation afin de faciliter sa récupération par un garagiste. L’opération de piratage menée par Ramos-Lopez n’était pas vraiment une prouesse technique, mais elle met précisément en lumière les dégâts qu’une personne malintentionnée peut assez facilement causer sur un véhicule dont pres­que tous les systèmes mécaniques sont commandés par ordinateur.

 

 

07:48 Écrit par bk212103 dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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