08/03/2011

JEAN’S

Au bout de quarante minutes de voyage en car, à 30 kilomètres à l’est de Canton, on arrive à Xintang, la ville numéro un du jean en Chine. Un jean sur trois vendus dans le monde provient d’ici. On y trouve un immense centre commercial qui accueille près de 1 000 stands de vendeurs. Sur l’un d’entre eux, le pantalon le moins cher est à 30 yuans [3,30 euros]. Le jean le plus cher de tout le centre commercial ne dépasse pas les 100 yuans [11 euros].

Le surnom d’“atelier du monde”, la Chine le doit surtout à son industrie textile et au secteur de l’habillement, qui se sont placés en tête de la fabrication mondiale et des exportations à partir de 1994. Depuis lors, la part de la Chine n’a cessé de croître au fil des ans. Ce secteur, qui a permis d’employer une main-d’œuvre nombreuse, a conduit des régions en­tières à s’enrichir et à se peupler très rapidement ; il a par conséquent toujours été un objet de fierté.

Dans les deltas du Yangtsé-kiang jeans_01.jpg[région de Shanghai] et de la rivière des Perles [région de Canton], on trouve toutes sortes de villes spécialisées dans la confection et le textile. La province du Guangdong en compte quinze à elle seule. Certains ont baptisé ces petites villes “cités de la mode”. Xintang, la ville spécialisée dans les jeans, compte environ 3 000 entreprises travaillant dans le secteur et environ 1 000 marques différentes. Près de 100 000 personnes sont venues d’autres provinces pour travailler ici.

Cependant, ce n’est qu’en mettant le pied à Xintang que l’on découvre le décalage existant entre son image de “cité de la mode” et la réalité. En fait, la ville est en pleine crise : les prix des matériaux se sont envolés, les financements manquent, le coût de la main-d’œuvre ne cesse d’autmenter, les marques célèbres font défaut, le niveau du design est en baisse, et, plus grave encore, l’environnement paie un lourd tribut à cette industrie. C’est, en miniature, ce que connaît l’ensemble du secteur du textile en Chine.

Il y a vingt-huit ans, un homme d’affaires hongkongais avait financé la première usine de confection de jeans dans le village de Dadun, situé dans la circonscription de Xintang. Aujourd’hui, ce sont 2,5 millions de vêtements en denim qui sortent chaque jour des innombrables ateliers de Xintang.

Entrer directement en contact avec les clients pour connaître leurs goûts est une part très importante du travail d’Afa, dessinateur de patrons. Chaque fois qu’un client vient se renseigner pour passer commande, plusieurs dessinateurs comme Afa sont à ses côtés. Chacun espère que le client désignera le patron qu’il a conçu, et que son modèle est celui qui fera exploser les ventes.Afa est le patronnier le plus expérimenté de l’usine Zhenpeng à Dadun.

Cela fait trois ans qu’il travaille sur ce site spécialisé dans le prêt-à-porter masculin en jean.


07:58 Écrit par bk212103 dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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