07/03/2011

ATTENTION VIANDE

Les "usines à viande" d’Amérique du Nord utilisent les antibiotiques comme compléments alimentaires. Ce qui favorise l’émergence de bactéries résistantes à ces médicaments.

Les preuves contre l’agriculture intensive se sont accumulées depuis. Une autre étude réalisée peu après celle de Veterinary Microbiology a montré que les éleveurs de porc aux Pays-Bas étaient 760 fois plus susceptibles d’être porteurs du Sarm que le reste de la population et, selon un article de Scientific American, ce staphylocoque était présent dans 12 % de la viande de porc proposée dans les supermarchés néerlandais. En 2007 également, une étude des Centers for Disease Control and Prevention [agence gouvernementale américaine de santé publique] avait montré qu’une souche de Sarm originaire d’un seul élevage animal pouvait être responsable de 20 % des cas de Sarm aux Pays-Bas.

Cette multiplication des bactéries résistantes est loin de se cantonner au staphylocoque doré et à la production porcine. L’utilisation préventive des antibiotiques pour la production de viande, de lait, d’œufs et de volailles fait que les salmonelles, le pneumocoque, Clostridium difficile, E. coli et de nombreuses autres bactéries sont de plus en plus résistantes aux antibiotiques.

Il y a six ans, un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pointait le lien entre la consommation non humaine d’antibiotiques et la résistance des bactéries. Ce rapport n’hésitait pas à parler d’une “crise qui menace le monde entier et risque de nous priver de la possibilité de traiter de nombreuses maladies infectieuses”. L’OMS recommandait par conséquent aux gouvernements d’interdire l’administration d’antibiotiques à visée non thérapeutique dans l’agriculture. C’est chose faite depuis 2006 dans l’Union européenne.

La Suède, le Danemark et d’autres pays ont pourtant montré que, si on limitait la surpopulation des élevages et que l’on mette en place des techniques de prévention des maladies, abandonner l’administration préventive d’antibiotiques aurait peu d’impact sur le coût de la viande.

En Suède, où les antibiotiques ont été interdits en 1986, l’augmentation nette pour les consommateurs était estimée à 12 cents le kilo pour la viande au détail. Les Américains sont-ils prêts à payer 12 cents de plus le kilo pour que les antibiotiques continuent à sauver des vies ?

 Rappelons que, grâce à cette classe de médicaments, on peut désormais soigner la tuberculose, la scarlatine, la diphtérie, la syphilis, la blennorragie, la méningite et des dizaines d’autres maladies qui ont longtemps été des fléaux pour l’humanité. Souhaitent-ils revenir à l’époque où la tuberculose tuait une personne sur quatre dans l’hémisphère Nord, tout ça pour manger du steak moins cher ?

 

07:39 Écrit par bk212103 dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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