05/03/2011

CHRETIENS D'ORIENT, DEHORS, buiten, eraus...

Les chrétiens d'Orient sont les héritiers de la chrétienté d'Orient, née il y a deux mille ans, dans cette région du monde. Le christianisme, florissant sous les empires romain et byzantin, est devenu une religion minoritaire, à la suite de la conquête arabe, au VIIème siècle. La mise ne place du régime de la « dhimmitude » a imposé au chrétien une soumission juridique et fiscale et crée de graves inégalités. Une autre vision plus optimiste dira qu'ils sont protégés par le pouvoir en place, et qu'ils peuvent éxercer leur religion. Mais le payement de l'impôt a contribué à accelerer les conversions. Dommage. Autant dire que la vie des adeptes de Jésus-Christ, en terre d'Islam n'a jamais été facile...

L'exclusion dont ils sont victimes, la négation de leur identité et les violences parfois sournoises qu'ils endurent sont d'autant plus mal vécues que les chrétiens se sentent chez eux en Orient, revendiquent également leur arabité et se considèrent comme citoyens de leur pays.

Ils cohabitent avec les musulmans, de manière plus ou moins harmonieuse depuis des siècles, partagent avec eux une langue, des habitudes et un mode de vie commun. Certains ont su nouer avec ces derniers des liens aussi étroits que privilégiés.

Leur souffrance est d'autant plus lancinante qu'ils ont des attaches ancestrales avec leurs voisins. Ne supportant pas d'êtres pris pour des traitres, ils se répètent qu'en s'expliquant ils vont êtres compris et finalement intégrés....

Assimilés au maillon faible, à l'éternel perdant, sa famille d'adoption préfère s'en débarrasser : « il a voulu sauter du train, qu'il reste à quai... ». Ils ne comprendront pas, n'iront pas au delà des apparences...n'ouvrirons pas le livre, ne verrons pas le film. Et pourtant ce chrétien séduit, fidèle jusqu'au bout à sa foi, gêneur et exigeant, promis à toutes les calomnies...

Il faut se rappeller que les chrétiens ont été des acteurs dynamiques du monde arabe (rôle politique de premier plan, à la cour ottomane comme à celle des Émirs et des Califes), ont contribué au prestige d'une civilisation en pleine genèse : les premiers conquérants, anciens bédouins, originaires du désert ont su habilement exploiter leur compétences, pour administrer les nouveaux territoires conquis. C'est grâce à eux que l'héritage de la culture grecque antique a été en parti préservé et transmis à l'Occident.

Après l'épopée des croisades (1095-1291), la parenthèse est vite refermée et n'apporte aucune amélioration dans la situation des chrétiens orientaux. L'Empire ottoman, à partir du XVème siècle, favorise le maintien de cette communauté et assure, avec plus ou moins de succès, la cohabitation avec la majorité musulmane.

Plus récemment, ils ont contribué à la renaissance du nationalisme arabe, puis à la construction des jeunes nations issues de la décolonisation.

Les turbulences politiques, économiques et religieuses du Moyen-Orient depuis un demi-siècle ont mis à mal cette cohabitation millénaire. Amorcée il y a cinquante ans, l'émigration des chrétiens est accélérée par les soubresauts qui déstabilisent la région (conflit israelo-palestinien, chaos irakien, reprise de la guerre au Liban).

IL faut aller à la découverte de ces survivants tenaces, raconter les difficultés et brimades qu'ils encourent, les rêves et les idéaux qui les animent, leurs joies, leurs souffrances. Evoquer également les angoisses des exilés et le courage de ceux qui restent parce que, tout simplement, ils n'ont pas le choix.

 

 

07:28 Écrit par bk212103 dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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