16/02/2011

Apple : menace ?

Il y eut d’abord Tim Berners-Lee, l’un des inventeurs de la Toile. "(Avec iTunes), vous n’êtes plus sur la Toile. Ce monde est centralisé et entouré de barrières. Vous êtes emprisonné dans un magasin unique, plutôt que d’être sur un marché ouvert. Ce magasin a beau avoir des fonctionnalités merveilleuses, son évolution est limitée au bon vouloir d’une seule société", affirmait-il en novembre [dans la revue Scientific American].

Contacté, Apple n’a pas souhaité réagir. Mais le 18 janvier, Tim Cook, remplaçant de Steve Jobs à la tête de la firme, défendait la simplicité de ses produits. "Nous croyons profondément que notre approche intégrée offre à nos clients une expérience nettement meilleure qu’une approche fragmentée. […] Notre approche enlève tout souci de complexité à l’utilisateur au lieu de le transformer en intégrateur de système", affirme-t-il.

Apple défend son système fermé et contrôlé en expliquant qu’il garantit des logiciels de qualité à ses clients. Il défend aussi son modèle économique – une commission de 30 % est prise sur toute vente de logiciel via ses magasins en ligne – en mettant en avant les success stories des développeurs. Ainsi, la semaine passée, Apple soulignait que l’éditeur du logiciel d’édition d’image Pixelmator avait dépassé le million de dollars de revenus après 20 jours de vente sur le Mac App Store d’Apple – preuve selon Apple que tout le monde y trouve son compte. Similaire à l’App Store (pour iPhone et iPad), le Mac App Store est un magasin central pour télécharger des logiciels sur son Mac.

Déjà, certains craignent que la firme de Steve Jobs ne soit tentée, à l’avenir, d’imposer exclusivement ce canal de vente, afin de contrôler ce qui s’installe sur ses ordinateurs – et de toucher ces 30%.

Il y a des systèmes fermés. Et alors ? écrivaitapple.jpg mi-janvier Dan Frommer, journaliste à Business Insider. "Le système d’Apple est de loin la meilleure plate-forme mobile pour y faire du business. L’écosystème iTunes/iPod domine toujours.

Facebook détruit Google dans le domaine des réseaux sociaux – alors même qu’il s’agit d’un monde fermé – et ses 600 millions d’utilisateurs se moquent de savoir que leurs données sont enfermées chez Facebook." Et Dan Frommer de pointer du doigt Google, qui parle sans cesse d’ouverture mais qui peine à convaincre.

Car si son système Android pour téléphone progresse vite, Google se réserve le droit, a posteriori, de retirer des applications de son magasin en ligne. Et même si son système offre nettement plus de possibilités aux utilisateurs que l’iPhone ne le permet, il offre au final lui aussi une vision étriquée de l’Internet résumée à des milliers d’applications.

 

07:11 Écrit par bk212103 dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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